Europe
Zelensky mise sur la Norvège pour renouer le fil avec Washington
Le président ukrainien s’est rendu dans le pays scandinave pour y croiser les émissaires américains et remettre la diplomatie sur une pente plus…

Le président ukrainien s’est rendu dans le pays scandinave pour y croiser les émissaires américains et remettre la diplomatie sur une pente plus constructive. Il y réclame surtout des missiles intercepteurs dont Kiev accuse les États-Unis de retarder la livraison.
Volodymyr Zelensky a posé ses valises en Norvège. L’objectif affiché, remettre la diplomatie « sur une voie plus constructive », alors que les relations entre Kiev et Washington traversent une zone de turbulences. « Nous maintenons tous les contacts susceptibles d’aider à ramener la paix », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux à son arrivée. Le programme est chargé. Le président ukrainien doit s’entretenir avec l’émissaire américain Witkoff et avec Jared Kushner, qui participera à distance, mais aussi avec le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre et son homologue finlandais Alexander Stubb. C’est Kiev qui a demandé à Oslo et Helsinki d’organiser la rencontre, à un moment que le gouvernement norvégien qualifie lui-même de critique.
Le climat s’est dégradé depuis que Donald Trump a scellé avec Vladimir Poutine un accord portant sur l’achat de diesel russe, et qu’il a publiquement tancé son homologue ukrainien pour les frappes menées contre des raffineries en Russie. Le président américain lui reproche d’alimenter la flambée mondiale des prix du carburant et de ne rien faire pour arrêter le conflit. Sur le plan militaire, la pomme de discorde porte sur les missiles intercepteurs. Zelensky affirme que Washington retarde à dessein une livraison prévue, et que le Pentagone traîne aussi pour autoriser le transfert d’engins issus de ses propres stocks. Ces munitions, dont les Patriot américains sont les seuls à pouvoir abattre les tirs russes les plus sophistiqués, manquent cruellement à son armée. Depuis Bombay, le secrétaire d’État Marco Rubio a balayé l’accusation. « Rien n’est délibérément refusé » à l’Ukraine, a-t-il assuré. Les deux hommes ont tout de même eu un échange qualifié de « substantiel » sur Starlink et sur ces livraisons de missiles.
À Oslo, la discussion s’annonce plus large qu’un simple tête-à-tête. L’Ukraine, les États-Unis, plusieurs capitales européennes (France, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne) et l’Otan travailleraient à bâtir une proposition de paix destinée à être présentée à la Russie. Jonas Gahr Støre résume l’ambition d’« orienter les efforts diplomatiques sur une voie plus constructive », les échanges devant se poursuivre jusque tard. La séquence ne s’arrête pas à la Norvège. Witkoff doit ensuite gagner la Russie, avec l’espoir d’y rencontrer Vladimir Poutine et de lui soumettre des idées. Le Kremlin se montre ouvert. « Nous espérons qu’il sera possible d’organiser une rencontre dans un avenir très proche », a déclaré son porte-parole Dmitri Peskov.
Donald Trump, lui, hausse le ton. Il a estimé qu’il était « temps que quelqu’un d’autre négocie au nom de l’Ukraine » et s’est dit prêt à retrouver prochainement ses homologues russe et chinois, tous trois attendus à un sommet économique en Chine les 18 et 19 novembre. Une rencontre à trois a « effectivement été évoquée », confirme le Kremlin. Le président américain veut y aborder d’autres dossiers, comme la « dénucléarisation », et glisse au passage que « la Russie a été bien » avec l’Ukraine. Côté ukrainien, les sujets d’inquiétude s’empilent. Zelensky pointe des restrictions dans le partage du renseignement américain, ce que Washington dément, et une connexion au réseau Starshield de SpaceX encore limitée sur certaines portions du front. Deux appuis dont son armée a besoin.
Sur le terrain, les frappes ne cessent pas. Au moins six personnes ont été tuées dans la région de Kiev et à Kramatorsk, ville de l’est proche de la ligne de front, selon les autorités. Quatre autres ont péri dans des bombardements nocturnes. Les attaques russes et ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques de chaque camp nourrissent à Kiev la crainte d’un nouvel hiver éprouvant.
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