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À Lyon, elles ont posé les baskets pour ramasser les débris

Trois amies venues courir ont finalement pris gants et sacs poubelles pour aider à nettoyer les rues abîmées par les pillages. Autour d’elles, des…

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À Lyon, elles ont posé les baskets pour ramasser les débris

Trois amies venues courir ont finalement pris gants et sacs poubelles pour aider à nettoyer les rues abîmées par les pillages. Autour d’elles, des habitants ont répondu à l’appel et tenté de réparer ce qui pouvait l’être.

Au lendemain d’une nuit de dégradations à Lyon, Clémentine, Laurence et Nadège ont changé de programme. Ces trois amies devaient courir, puis manger et aller au cinéma. Un message reçu par Nadège a tout fait basculer. Elles ont enfilé des gants en latex bleu, attrapé des sacs poubelles et rejoint les volontaires qui ramassaient les éclats de verre au pied d’un Sephora du deuxième arrondissement, vitrine détruite et magasin vidé la veille. Laurence, 56 ans, enseignante, résume simplement le choix du groupe. Elles ont laissé tomber leurs projets parce que venir aider leur semblait normal.

D’autres habitants se sont joints au nettoyage. Des jeunes, des adultes, des parents accompagnés d’adolescents distribuaient des sacs plastiques et des gants. Ici, il fallait gratter les restes noircis d’un feu de poubelles. Là, remettre de l’ordre autour d’une terre répandue sur la chaussée après la chute d’un bac. Les passants étaient nombreux à observer les dégâts, téléphone à la main. Nadège, infirmière de 47 ans, a réveillé son fils de 15 ans pour qu’il vienne constater l’ampleur des destructions. Elle ne l’avait pas laissé manifester la veille, jugeant la situation trop agitée pour un adolescent.

Les gestes de solidarité n’effacent pas la colère. Nadège parle de “violence gratuite” et rappelle que tout le monde se lève pour travailler, nourrir ses enfants et payer ses factures. Clémentine, 47 ans, libérale indépendante, balaie le clivage droite-gauche et insiste sur l’attachement à un pays qu’elle ne veut pas voir abîmé. Elle raconte s’être levée sans mots, avec une gueule de bois, et avoir surtout voulu se sentir utile. Pour elle, Lyon doit aussi montrer une autre image, celle d’une ville capable de tendre la main et d’avancer avec ses habitants.

Les dégradations ont touché des commerces et un repère touristique. Une antenne de l’office de tourisme a brûlé place Bellecour, où plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées lors du mouvement contre la vie chère. La préfecture a compté 20 000 manifestants. Le maire écologiste Grégory Doucet a jugé “abominable” ce qui s’est produit dans la ville pendant plusieurs heures. Sur le trottoir, les volontaires continuaient de ramasser, convaincus qu’après les vitres cassées il fallait aussi recoller quelque chose entre les habitants.

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