Économie
Les Bourses européennes respirent, mais le doute autour de l’intelligence artificielle reste entier
Après une séance agitée, les principales places du Vieux Continent repartent à la hausse, portées par le calme retrouvé sur les taux et le repli du…


Après une séance agitée, les principales places du Vieux Continent repartent à la hausse, portées par le calme retrouvé sur les taux et le repli du pétrole comme de l’or. Le dossier CoreWeave rappelle cependant que l’engouement pour l’intelligence artificielle ne fait pas disparaître les questions de financement.
Vendredi, les grandes Bourses européennes ont viré dans le vert. Le CAC 40 grignote 0,11 % à 7 943,78 points, quand le FTSE 100 londonien s’offre 1,08 % et le Dax francfortois 0,40 %. L’EuroStoxx 50 gagne 0,44 %, le FTSEurofirst 300 0,41 % et le Stoxx 600 0,24 %. Sur l’ensemble de la semaine, Paris engrange pour l’instant 1,76 % et l’indice paneuropéen de référence 1,61 %. De l’autre côté de l’Atlantique, les contrats à terme annoncent une ouverture dans le vert, avec 0,19 % pour le Dow Jones, 0,13 % pour le Standard & Poor’s 500 et 0,07 % pour le Nasdaq, au lendemain d’une séance mouvementée qui s’était tout de même achevée à la hausse.
Deux éléments expliquent ce répit. Les rendements obligataires se stabilisent, et les cours du pétrole comme de l’or refluent après le coup de fièvre provoqué par les déboires d’un spécialiste de l’intelligence artificielle, CoreWeave. L’Europe a été relativement épargnée par les soubresauts du secteur technologique, pour une raison simple. Ce secteur pèse peu dans le principal indice du continent. Mais l’accalmie pourrait ne pas durer. La remontée des marchés asiatiques est arrivée avec le week-end, signe probable d’investisseurs partis chasser les bonnes affaires après la chute brutale de la veille.
Car le dossier qui a secoué les marchés n’est pas refermé. CoreWeave, opérateur de centres de données, accumule les pertes et doit près de 50 milliards de dollars, une dette qui nourrit les inquiétudes sur le financement du boom de l’IA. Jensen Huang, le patron de Nvidia et deuxième actionnaire du groupe avec environ 10 % du capital, a tenté de calmer le jeu jeudi soir. La solidité financière de CoreWeave s’améliore de jour en jour, a-t-il assuré, ajoutant qu’il ne voyait pas la nécessité pour Nvidia de venir à la rescousse de l’entreprise. « Je suis optimiste. Leur coût du capital est en fait en baisse », a-t-il poursuivi. Il en a fallu peu pour détendre l’atmosphère et faire rebondir les valeurs technologiques. Tout le monde n’est pas rassuré pour autant. Pour Kyle Rodda, les marchés mondiaux pourraient bien traverser une longue période de volatilité de ce type. Axel Rudolph, chef analyste technique chez IG Group, met le doigt sur le nœud du problème. Le marché prend conscience que la demande en IA et un modèle économique rentable sont deux choses très différentes. Et il prévient que si le coût du capital continue de grimper, même une forte demande ne suffira pas à protéger les acteurs les plus endettés.
Au-delà de l’intelligence artificielle, les investisseurs continuent d’éplucher les résultats d’entreprises, après la publication en début de semaine des comptes des grands groupes financiers américains. Deux rendez-vous figurent à l’agenda, l’inflation en zone euro et la production industrielle américaine, très attendus par des marchés en quête d’indices sur la trajectoire des taux des grandes banques centrales. Le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, est resté très discret vendredi à Bangkok, dans le cadre des réunions du FMI et de la Banque mondiale, répétant qu’il ne préjugeait pas de l’issue des réunions de politique monétaire. Les marchés estiment actuellement à environ 28 % la probabilité d’une hausse des taux de la Fed d’ici la fin du mois. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, s’est montré un peu plus direct. Selon lui, la flambée des prix de l’énergie due à la guerre en Iran n’a eu jusqu’ici qu’un impact limité sur l’inflation générale au Royaume-Uni, mais il serait prématuré d’en tirer des conclusions définitives.
Côté valeurs, Schneider Electric monte de 1,20 %, le groupe ayant relevé pour la deuxième fois depuis le début de l’année ses objectifs de résultat d’exploitation et de chiffre d’affaires pour 2026. Kering abandonne 0,71 %, le groupe de luxe ayant annoncé le départ de Seán McGirr de son poste de directeur de la création chez Alexander McQueen. Groupe ADP cède 0,55 %, l’opérateur aéroportuaire s’attendant à une légère décroissance de son trafic passagers à Paris en 2026. Ailleurs en Europe, Unicredit avance de près de 1 % après avoir obtenu l’autorisation de la Banque centrale européenne pour prendre le contrôle de Commerzbank, qui gagne 1,01 %. UBS progresse de 0,53 %, alors que des sources rapportent que la banque helvétique étudie plusieurs scénarios, dont un transfert de son siège social ou une fusion avec un autre établissement, en cas d’application en Suisse de règles bancaires plus strictes.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 7 joursLes députés rejettent le budget 2027, Lecornu face à un casse-tête



Faits DiversEn Ligne 4 joursMimi Marchand jette l’éponge en pleine audience, Karine Le Marchand vide son sac



EuropeEn Ligne 6 joursTrump réclame un nouveau président en Ukraine et Zelensky dénonce un écran de fumée



SociétéEn Ligne 6 joursLa mobilisation lycéenne ne lâche rien et prépare une journée à haut risque



SociétéEn Ligne 1 jourLa 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles



PolitiqueEn Ligne 6 joursÀ Gergovie, Mélenchon va chercher dans l’Histoire de quoi nourrir sa campagne



PolitiqueEn Ligne 7 joursJordan Bardella, un compte effacé qui fragilise toute sa défense



ÉconomieEn Ligne 7 joursAir Corsica clouée au sol par la première grève de son histoire








