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L’A69 ouvrira en novembre avec un péage à 17 euros l’aller-retour qui fait bondir jusqu’à ses défenseurs

Encore contestée, l’autoroute entre Toulouse et Castres s’apprête à accueillir ses premiers véhicules dans la première semaine de novembre. Son tarif de…

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L'A69 ouvrira en novembre avec un péage à 17 euros l'aller-retour qui fait bondir jusqu'à ses défenseurs

Encore contestée, l’autoroute entre Toulouse et Castres s’apprête à accueillir ses premiers véhicules dans la première semaine de novembre. Son tarif de 17 euros l’aller-retour passe mal, y compris chez les élus qui la soutiennent depuis des années.

Après des années de batailles, de manifestations, de zones à défendre et de recours juridiques en cascade, l’A69 s’apprête enfin à accueillir ses premiers véhicules. La mise en service des 53 kilomètres qui relient Toulouse à Castres est annoncée pour la première semaine de novembre. Sauf qu’un chiffre vient ternir le moment. Un aller-retour coûtera 17 euros pour une centaine de kilomètres. De quoi classer l’infrastructure parmi les autoroutes les plus chères de l’Hexagone.

La raison de cette facture salée tient à un avis du Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative a jugé illégal un avenant qui prévoyait une baisse du péage d’environ 33 %, financée par les collectivités locales, qu’il s’agisse des communautés de communes, du département ou de la région. Selon la députée écologiste Christine Arrighi, ancienne rapporteure d’une commission d’enquête parlementaire sur le montage de l’A69, les juges ont estimé que ce texte modifiait « substantiellement les conditions du contrat » et son « équilibre financier ». Conséquence directe, la ristourne attendue s’envole et le prix grimpe.

Chez les élus favorables au projet, c’est la douche froide. Christophe Ramond, président socialiste du conseil départemental du Tarn, dénonce un « fiasco pour le portefeuille des usagers » et désigne l’Etat comme seul responsable. En Occitanie, Carole Delga se dit « abasourdie » et appelle à trouver vite une solution face à un tarif qui n’est « évidemment pas supportable ». A droite, l’embarras est tout aussi palpable. Olivier Fabre, président LR de l’agglomération Castres-Mazamet, constate que les tarifs annoncés dépassent les dernières projections. Bernard Carayon, maire UDR de Lavaur, insiste sur un point. Pour que l’autoroute serve à quelque chose, il faut qu’elle soit largement empruntée, et donc que les prix baissent.

Christine Arrighi, elle, ne mâche pas ses mots. L’élue écologiste fustige une « comédie grotesque ». Elle rappelle que ces mêmes responsables ont crié leur soutien inlassable à un projet qu’elle qualifie d’écocide et de ruineux, tout en balayant les voix contraires. Les voir jouer la surprise devant la publication des tarifs lui paraît difficile à avaler.

Pour tenter d’éteindre la colère, les partisans de l’A69 réclament une rencontre d’urgence avec le gouvernement. Dans un courrier commun, ils soulignent que le prix du péage « constitue un enjeu majeur pour l’acceptabilité de cette infrastructure ». Le député macroniste Jean Terlier, défenseur de longue date du dossier, se veut rassurant. Il ne doute pas que cette réunion se tiendra et espère des engagements pour apaiser « les mécontentements et les grondements qui montent ». Il place ses espoirs dans le ministre des Transports, Philippe Tabarot, pour dégoter rapidement une communication positive à quelques jours de l’ouverture. Sollicité, le ministère n’a pas répondu. Plusieurs collectivités disent attendre encore une réponse à leurs demandes.

Le concessionnaire Atosca, chargé de l’exploitation, confirme une mise en service pour la première semaine de novembre. Il assure poursuivre les échanges avec l’Etat et espérer qu’une baisse des tarifs, comparable à celle promise dans l’avenant retoqué, puisse se concrétiser. Reste à savoir si les automobilistes, déjà éprouvés par le prix du carburant, suivront le mouvement.

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