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Sur l’île d’Yeu, treize lits et un hélico font tenir tout un territoire

L’hôpital Dumonté, présenté comme le plus petit de France, veille sur une île de 23 km2 et 4.800 habitants. Entre dialyse, urgences et médecine de ville…

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Sur l'île d'Yeu, treize lits et un hélico font tenir tout un territoire

L’hôpital Dumonté, présenté comme le plus petit de France, veille sur une île de 23 km2 et 4.800 habitants. Entre dialyse, urgences et médecine de ville, il s’impose comme un poumon vital pour ce bout de Vendée.

Une île de 23 km2, 4.800 habitants, et un hôpital qui tient dans trois couloirs de rez-de-chaussée. L’établissement Dumonté, sur l’île d’Yeu, fait partie des plus petits de l’Hexagone. Treize lits, une garde de nuit, et beaucoup de système D. Pas de bloc opératoire ici, mais des soins de premiers secours, du suivi après opération, de la gériatrie, des soins palliatifs et de la rééducation. S’y ajoutent une table de radiologie et plusieurs postes de dialyse. Neuf médecins généralistes salariés font tourner la machine, partagés entre les urgences et le centre de santé.

Pour Yannick Boulay, 68 ans, dialysé, ce dispositif change la vie. Assis sur son lit, ce patient se dit « chanceux » de ne pas devoir rejoindre le continent trois fois par semaine pour son traitement. Savoir qu’un médecin reste d’astreinte à n’importe quelle heure de la nuit le rassure tout autant, confie-t-il. Un soulagement partagé par bien des habitants du coin.

Denis Leroy, 62 ans, en mesure le prix chaque jour. Dans la salle d’attente des urgences, il résume le casse-tête. Franchir la mer, cela signifie un billet de bateau, de l’essence, un bus ou un taxi, parfois une nuit d’hôtel. Un coût, et toute une logistique. Une fois sa paume entaillée pansée, le médecin l’oriente vers la clinique de la main à Nantes. Il est presque midi. Ce sera donc pour le lendemain, car hors saison, les liaisons maritimes ne partent que le matin et le soir.

Quand le temps presse, les évacuations sanitaires, entre 180 et 200 par an, passent par les airs. L’hélicoptère d’une compagnie de transport locale, ou celui du Smur de La Roche-sur-Yon. Les jours de brouillard, c’est la SNSM qui prend le relais en bateau, avec un médecin à bord. Les femmes enceintes, elles, sont invitées à gagner le continent deux à trois semaines avant leur terme.

Ce genre de structure, souvent adossée à un hôpital plus important, ici celui de Challans, forme un maillage de soins de premier recours en zone rurale. Un filet d’autant plus précieux que la pénurie de soignants, les contraintes budgétaires et la technicité croissante de la médecine poussent à fermer les petits hôpitaux généralistes et à regrouper les activités. Les structures de proximité sont censées jouer un rôle de « trait d’union » entre hospitaliers, acteurs libéraux et secteur médico-social, souligne le ministère de la Santé.

Le directeur, Pierre-Hugues Glardon, résume l’état d’esprit des lieux. « Notre isolement implique d’être implanté localement, on essaye d’avoir ici le plus de prises en charge possible. Il y a un esprit d’engagement, de débrouillardise », explique-t-il. L’établissement gère sept millions d’euros par an et affiche une ambition limpide, « être toujours plus autonome ».

Côté médecine de ville, le docteur Jules Redon, l’un des neuf généralistes, décrit un quotidien où l’on « jongle » entre pathologies graves, maladies chroniques, enfants, gériatrie, femmes enceintes et cas urgents. Un modèle « finalement à l’ancienne » qui pourrait avoir du bon sur le continent, là où consulter un spécialiste relève du parcours du combattant. Des praticiens d’autres hôpitaux vendéens, gynécologues notamment, viennent tenir des consultations sur place. L’hôpital salarie aussi des dentistes. Et l’île peut compter sur ses résidents secondaires, qui occupent plus de 60% des logements, dont une dermatologue libérale et un cardiologue retraité, présents pendant leurs séjours.

Cette offre de soins pèse d’autant plus que la population vieillit. 65% des habitants ont aujourd’hui plus de 60 ans. « Si demain on n’apporte pas les soins et les services nécessaires à la population, elle partira, tout simplement », prévient le maire, Patrice Bernard. Avant d’ajouter que l’hôpital, « c’est un peu notre poumon ».

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