Économie
La dette française coûte toujours plus cher, et personne ne peut plus l’ignorer
Emprunter ne pose aucun problème à la France. Le rembourser, en revanche, devient une préoccupation affichée jusqu’au sommet de l’État.


Emprunter ne pose aucun problème à la France. Le rembourser, en revanche, devient une préoccupation affichée jusqu’au sommet de l’État.
Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, l’a reconnu sans détour. Les marchés continuent de prêter de l’argent à la France, mais à un tarif qui grimpe, et c’est précisément là que le bât blesse. Son taux d’emprunt à dix ans frôle désormais les 5 % sur le marché de la dette. Pour le ministre, cette envolée sonne comme un avertissement que le pays doit prendre au sérieux, et collectivement. La confiance des investisseurs reste là, mais son prix, lui, augmente.
Le message dépasse largement les frontières françaises. La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a prévenu depuis Bangkok qu’il faudra du temps avant que la France ramène sa dette et son déficit à des niveaux susceptibles de rassurer les marchés. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Valdis Dombrovskis, a lui aussi haussé le ton en appelant à adopter un projet de budget ambitieux, seul moyen selon lui d’offrir de la clarté et de la visibilité aux investisseurs. Deux voix qui disent la même chose. Le pays doit envoyer des signaux forts.
Or c’est justement là que le calendrier se complique. Le projet de budget 2027 est débattu depuis mardi à l’Assemblée nationale, avec un cap affiché, ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut, contre 5,4 % en 2026. Sauf que son adoption reste très incertaine. La majorité manque, et l’élection présidentielle approche, ce qui rend chaque vote plus fragile. Roland Lescure a fixé une limite claire. Ce plafond de 5 % ne doit pas être franchi, car le monde entier observe.
Derrière ces débats, un chiffre donne la mesure du chantier. La dette publique française devrait atteindre un sommet en 2027, à 121,7 % du PIB. À la fin du mois de juin, elle représentait déjà 119 % de la richesse nationale. Chaque dixième de point de taux en plus alourdit donc la facture d’un pays dont les marges de manœuvre se réduisent. Voilà l’équation que les responsables politiques vont devoir trancher, sans pouvoir repousser longtemps la décision.
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