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L’Europe coupe le robinet russe, mais le gaz continue de couler

Malgré des années d’efforts pour s’affranchir des énergies fossiles russes, l’Union européenne en importe encore. Bruxelles défend une baisse nette, quand…

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L'Europe coupe le robinet russe, mais le gaz continue de couler

Malgré des années d’efforts pour s’affranchir des énergies fossiles russes, l’Union européenne en importe encore. Bruxelles défend une baisse nette, quand ses détracteurs pointent une contradiction gênante.

Les chiffres s’affrontent et racontent deux histoires. Moscou assure avoir vendu aux Européens pour plus de 320 milliards de dollars d’hydrocarbures depuis 2022, et ce en dépit des sanctions. La Commission européenne rétorque avec des totaux nettement plus modestes. D’après elle, l’UE a dépensé environ 197 milliards d’euros, soit 209 milliards de dollars, depuis l’invasion russe de l’Ukraine, fin février 2022.

Et sans la politique menée pour sevrer l’Europe du pétrole et du gaz russes, l’addition aurait été bien salée. L’Union aurait déboursé 475 milliards d’euros, soit 278 milliards de plus, souligne une porte-parole de la Commission. « Ce qui compte, c’est ce qui se passe à long terme », insiste-t-elle, en pointant une « tendance à la baisse très claire ».

Cette dégringolade se lit noir sur blanc. Le gaz russe représentait 45% des importations gazières de l’UE en 2021. Il n’en pèse plus que 12% en 2025. Bruxelles prévoit d’ailleurs de fermer définitivement ce robinet à l’automne 2027. En attendant, l’Union continue d’acheter du gaz naturel liquéfié russe, un sujet embarrassant en pleine crise énergétique.

Car l’Europe a changé de méthode sans toujours changer de fournisseur. Faute de pouvoir compter sur les gazoducs, elle s’est rabattue sur le GNL, transporté par bateau, déchargé dans les ports, regazéifié puis injecté dans le réseau. Les États-Unis dominent ce marché avec près de 60% des livraisons. La Russie reste juste derrière, avec environ 17% des importations européennes en 2026, en contradiction totale avec la ligne affichée.

Les critiques pleuvent. La cheffe de la diplomatie suédoise a fait remarquer que le total des importations russes de l’UE depuis 2022, tous produits confondus, dépasse l’aide apportée à l’Ukraine. Celle-ci atteint 228,7 milliards d’euros. Une ONG allemande reprochait aussi à l’Union d’avoir acheté pour près de 7,88 milliards d’euros de GNL issu du terminal russe de Yamal sur les neuf premiers mois de 2026, soit 167 cargaisons entre janvier et septembre.

Le pétrole suit une autre logique. Les Européens ont décidé de stopper leurs achats russes après le début de la guerre, avec deux exceptions notables. La Hongrie et la Slovaquie continuent d’en recevoir, en raison de leur enclavement et de leur dépendance. La Commission avait promis une loi pour tourner définitivement la page du brut russe, mais le calendrier reste flou. Le tout dans un contexte tendu, marqué par la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.

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