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Expulsé du Monténégro, le fondateur de Rybar est rentré à Moscou

Mikhaïl Zvintchouk, figure pro-russe et créateur de la chaîne Telegram Rybar, a retrouvé la Russie après son interpellation au Monténégro. Une arrestation…

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Expulsé du Monténégro, le fondateur de Rybar est rentré à Moscou

Mikhaïl Zvintchouk, figure pro-russe et créateur de la chaîne Telegram Rybar, a retrouvé la Russie après son interpellation au Monténégro. Une arrestation présentée comme une opération de prévention, dans un dossier qui dépasse largement les frontières des Balkans.

Le retour s’est joué dans la discrétion, à l’écart des caméras officielles. Mikhaïl Zvintchouk a atterri à l’aéroport moscovite de Cheremetievo, accompagné de son épouse Valeria et de trois membres de son équipe. Tous avaient été arrêtés quelques jours plus tôt au Monténégro, avant d’être poussés hors du territoire. À 35 ans, cet ancien militaire décoré pour ses missions en Syrie et en Irak s’est imposé comme l’une des voix les plus suivies de la sphère militaire russophone, à la tête d’un canal Telegram fort de plus de 1,3 million d’abonnés qui décrypte la guerre en Ukraine.

L’opération menée par les autorités monténégrines a été décrite comme un dispositif de prévention de la criminalité, conduit avec l’appui de partenaires étrangers. Vers quel pays le blogueur a été expulsé, personne ne l’a dit publiquement. Lui affirme avoir recouvré la liberté grâce au ministère russe des Affaires étrangères, un récit qui en dit long sur l’attention que Moscou porte à ses relais d’influence.

Car l’homme n’a rien d’un inconnu pour les chancelleries occidentales. Washington a promis dix millions de dollars à quiconque fournirait des informations le concernant, lui et d’autres membres de Rybar, en l’accusant d’attiser les fractures sociales, partisanes et raciales et d’encourager la haine et la violence sur le sol américain. L’Union européenne a de son côté pris des sanctions contre lui, pointant une promotion présumée de la propagande pro-russe. Autrement dit, le personnage est devenu un marqueur des lignes de rupture qui traversent le continent.

Le contexte monténégrin éclaire le reste. Rybar soutient que ses membres se trouvaient légalement dans le pays et qu’ils comptaient filmer le monastère de Cetinje, un haut lieu de l’Église orthodoxe serbe. D’autres éléments évoquent un documentaire critique du rapprochement du Monténégro avec l’Union européenne, un projet dont les retombées auraient, selon cette version, pesé sur le tourisme, la stabilité économique et les intérêts nationaux. Ce petit État des Balkans de 620.000 habitants ne cache pas son ambition de boucler ses négociations d’adhésion d’ici la fin de l’année et de rejoindre le bloc en 2028. Chaque geste envers Moscou y prend donc une résonance toute particulière.

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