Europe
Londres descend dans la rue pour exiger la fin des frappes sur Gaza
Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023, des milliers de personnes ont défilé dans la capitale britannique pour réclamer des sanctions contre Israël…


Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023, des milliers de personnes ont défilé dans la capitale britannique pour réclamer des sanctions contre Israël et l’arrêt des bombardements. Un an après un cessez-le-feu aux promesses largement non tenues, la bande de Gaza reste en ruines et sa population au bord de la famine.
Samedi, plusieurs milliers de personnes ont marché dans les rues de Londres. Leur exigence tient en quelques mots, mettre un terme aux frappes qui continuent de s’abattre sur la bande de Gaza. Trois ans se sont écoulés depuis l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, l’événement qui a déclenché cette guerre. La mobilisation s’est déroulée sous étroite surveillance policière, dans une ambiance déterminée mais tendue.
Pour Aimee Shalan, directrice du Palestine Solidarity Campaign, l’un des mouvements à l’origine du rassemblement, il s’agissait de marquer ces trois années de ce qu’elle désigne comme un génocide en cours à Gaza. Elle demande au gouvernement britannique de frapper Israël de sanctions totales. Un an après le cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas, les engagements pris n’ont, de son point de vue comme de celui des manifestants, pas été honorés, les bombardements se poursuivant à un rythme quasi quotidien.
Tout au long du parcours, la foule a repris des slogans bien connus, appelant à la libération de la Palestine ou dénonçant l’occupation comme un crime. Certains brandissaient des pancartes réclamant des sanctions immédiates contre Israël. D’autres affirmaient que s’opposer à un génocide n’a rien d’un délit.
Dans le cortège, Hibo Hassan, 23 ans et tout juste diplômée, juge la situation humanitaire à Gaza épouvantable. Ce qui la choque, dit-elle, c’est qu’on puisse continuer à mener sa vie normalement au Royaume-Uni alors qu’un génocide pourrait être en train de se dérouler ailleurs. Kobe, trentenaire originaire du Kosovo qui n’a pas voulu donner son nom, explique être venu pour empêcher l’histoire de se répéter, en référence à la guerre des années 1990 entre les forces serbes et des guérillas albanaises réclamant l’indépendance du Kosovo vis-à-vis de la Serbie.
La police londonienne a indiqué avoir interpellé plusieurs personnes, parmi lesquelles un homme et une femme portant des pancartes de soutien à Palestine Action. Ce groupe a été classé organisation terroriste l’an dernier par le précédent gouvernement travailliste, et depuis, plus de 3 000 personnes ont été arrêtées lors de rassemblements en soutien au mouvement. Non loin du siège de Scotland Yard, un contre-rassemblement pro-israélien a de son côté réuni plusieurs dizaines de participants.
Le bilan humain reste vertigineux. L’attaque du Hamas avait entraîné la mort de 1 221 personnes en Israël. L’offensive israélienne de représailles a fait depuis plus de 74 200 morts dans la bande de Gaza, un décompte établi par les autorités sanitaires du territoire, placé sous l’autorité du Hamas, et que les Nations unies considèrent comme fiable. De nombreux pays, de grandes organisations de défense des droits humains et des experts onusiens estiment qu’un génocide a été commis à Gaza, ce qu’Israël dément avec force.
Sur place, le territoire est dévasté et la reconstruction à l’arrêt. Sur 2,1 millions d’habitants, 1,4 million vivent en situation d’insécurité alimentaire aiguë, et 200 000 d’entre eux frôlent le seuil de la famine. Autant de chiffres qui donnent à cette marche londonienne une résonance particulière, trois ans après le début d’une guerre dont personne ne voit encore la sortie.
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