Europe
En Belgique, syndicats et lycéens unissent leurs colères contre l’austérité
Les organisations syndicales belges appellent à une nouvelle journée de mobilisation à Bruxelles pour contester les économies réclamées par le…


Les organisations syndicales belges appellent à une nouvelle journée de mobilisation à Bruxelles pour contester les économies réclamées par le gouvernement de Bart De Wever. Leur cortège pourrait cette fois grossir des lycéens en colère, sur fond de débordements à Liège.
Les rues de Bruxelles devraient une nouvelle fois se remplir. Les syndicats belges appellent à une journée d’action pour dénoncer la politique de rigueur budgétaire menée par le gouvernement du Premier ministre Bart De Wever. Une mobilisation qui s’annonce d’autant plus suivie que le mouvement lycéen, lancé depuis une semaine dans la Belgique francophone, pourrait venir gonfler les rangs du défilé, avec le risque de débordements que cela suppose.
Au cœur des tensions, un chiffre. L’exécutif veut dénicher dix milliards d’euros d’économies d’ici à la fin de la législature, en 2029, pour faire reculer un déficit qui tourne aujourd’hui autour de 5 % du PIB. Le dirigeant conservateur flamand négocie avec ses partenaires de coalition, cinq partis ancrés au centre droit, et aimerait sceller un accord avant le 13 octobre, jour où il doit présenter sa feuille de route budgétaire au Parlement.
C’est précisément ce que les syndicats refusent de voir se répéter. La CSC, première organisation du pays, résume sa position en une phrase, « la facture ne peut une nouvelle fois être présentée aux citoyens ordinaires ». La FGTB socialiste embraie et prévient qu’« il y a d’autres poches à fouiller », ajoutant que le 9 octobre ne sera qu’« un premier avertissement ». Derrière ces mots, une crainte commune, celle de voir la coalition repousser encore l’idée d’une taxation des hauts revenus pour résorber des déficits abyssaux.
Du côté des mesures envisagées, plusieurs pistes font grincer des dents. Le gouvernement se dit prêt à raboter de plusieurs milliards d’euros les dépenses de santé et à relever la TVA, en pleine période d’inflation. Bart De Wever assume, parlant de « choix audacieux et difficiles », et renvoie la responsabilité à ses prédécesseurs, accusés d’avoir laissé filer le déficit public et l’endettement. Arrivé au pouvoir en février 2025, il a vite vu se dresser un front syndical capable de réunir des milliers de personnes à Bruxelles, jusqu’à plus de 80 000 en octobre dernier et à la mi-mars.
Cette fois, un autre ingrédient s’ajoute à la mobilisation. Les lycéens de Belgique francophone se sont fortement mobilisés ces derniers jours, organisant des blocus dans leurs établissements et défilant dans les rues de Liège. La cité wallonne est devenue l’épicentre de la contestation, et les choses y ont mal tourné. Environ 200 arrestations ont été recensées depuis le 1er octobre, tandis que plusieurs dizaines de policiers ont été blessés. Le ministre de l’Intérieur, le libéral Bernard Quintin, juge la situation « inadmissible ». Le chef de son parti a même demandé que la manifestation syndicale soit repoussée de quelques jours, le temps de « permettre aux autorités de neutraliser les casseurs ».
Le député socialiste bruxellois Martin Casier s’attend à une forte présence des jeunes, dans « une grande convergence de luttes » qui mêle pouvoir d’achat des travailleurs et revendications lycéennes. Il reconnaît aussi son inquiétude face au risque de voir des fauteurs de troubles s’inviter dans le défilé. Dans l’enseignement, Luc Toussaint, responsable d’un syndicat d’enseignants affilié à la FGTB, décrit une dégradation qui s’accélère et un ras-le-bol qui gagne élèves comme professeurs.
Pour apaiser les esprits, Martin Casier presse l’exécutif de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’entité qui gère l’enseignement, de revenir sur certaines réformes récentes. En tête des mesures contestées figure le relèvement des droits d’inscription à l’université, le minerval, une décision particulièrement impopulaire qui a cristallisé la colère lycéenne. Selon lui, affirmer que les épaules les plus larges paieront davantage est faux, puisque 60 % des étudiants devront s’acquitter du minerval complet, soit environ 1 200 euros par an.
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