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Marine Le Pen à l’élevage, entre promesses aux agriculteurs et soutien total à Bardella

En Auvergne, la cheffe de file du Rassemblement national a repris le fil de sa campagne au contact des éleveurs, entre selfies et annonces de…

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Marine Le Pen à l'élevage, entre promesses aux agriculteurs et soutien total à Bardella

En Auvergne, la cheffe de file du Rassemblement national a repris le fil de sa campagne au contact des éleveurs, entre selfies et annonces de simplification. Elle y a aussi répété son soutien à Jordan Bardella, visé par des accusations d’antisémitisme.

Des vaches, des sourires et des téléphones tendus à bout de bras. Mercredi, au Sommet de l’élevage, Marine Le Pen a retrouvé ce qui fait la chair de sa campagne, le contact direct. À peine entrée dans la Grande halle d’Auvergne, la voilà reçue avec déférence par les responsables agricoles locaux. Un participant d’une petite table ronde lui glisse, presque confiant, l’espoir de continuer à travailler avec elle si elle accède aux affaires dans quelques mois. Une autre femme brandit ses enfants en bas âge et implore qu’on sauve les futurs agriculteurs du pays. Pour une photo avec la favorite des sondages, tout semble permis.

Les éleveurs, eux, sortent d’un été caniculaire et guettent les annonces du gouvernement. La ministre Annie Genevard est d’ailleurs attendue sur place jeudi. En attendant, la candidate a déroulé sa panoplie. Des ordonnances pour en finir avec la folie normative, une fiscalité pensée pour une activité au caractère très aléatoire, des facilités pour transmettre les exploitations familiales. La présidente de la FDSEA, Sabine Tholoniat, y voit des propos positifs, jusqu’à les juger rassurants.

Plus loin, au stand de la Coordination rurale, où certains dirigeants revendiquent une proximité avec l’extrême droite, le passage est jugé plus prudent. Son secrétaire général, François Walraet, résume la situation. À force de se rapprocher du pouvoir, elle ne peut plus tout promettre, y compris aux agriculteurs.

Il y a pourtant de quoi relever quelques tensions. Elle jure lutter pour empêcher une baisse de la PAC, alors qu’elle menaçait la veille d’un bras de fer avec Bruxelles pour réduire la contribution française au budget européen. Interrogée sur les travailleurs saisonniers, elle assure que la présence d’étrangers ne lui pose aucun problème quand des Français ne sont pas disponibles pour ces postes. Le tout dans un programme bâti sur la priorité nationale et une forte réduction de l’immigration. Ces écarts ne semblent troubler ni les sympathisants croisés dans les allées, ni une visiteuse d’une soixantaine d’années, les larmes aux yeux, venue lui dire sa confiance.

L’espoir se mêle souvent à la curiosité. Mathis, 16 ans, élève d’un lycée agricole breton, patiente avec son copain Maxence pour un selfie et un mot d’encouragement. Il ne votera pas l’an prochain, mais prête à la candidate des discours très concrets, et décerne aussi un bon point à Jordan Bardella.

Justement, le dossier Bardella. Des écrits de jeunesse antisémites lui sont attribués, ce qu’elle refuse de croire. Elle maintient à mille pour cent sa confiance en son dauphin, victime selon elle d’une manoeuvre infâme, puis referme vite le sujet qui pollue sa campagne depuis bientôt dix jours.

Elle se montre bien plus bavarde sur les grenades assourdissantes dont l’exécutif suspend l’usage dans la répression du mouvement lycéen. Là, la rupture est assumée. Emmanuel Macron, dit-elle, reste du côté de ceux qui tapent sur la police, quand elle considère que les forces de l’ordre font leur travail.

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