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Attendre sur le climat coûtera plus cher que d’agir

Repousser les investissements pour le climat ne soulagerait pas les finances publiques, prévient la Cour des comptes dans son nouveau rapport. Chaque…

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Attendre sur le climat coûtera plus cher que d’agir

Repousser les investissements pour le climat ne soulagerait pas les finances publiques, prévient la Cour des comptes dans son nouveau rapport. Chaque année perdue alourdit la facture au lieu de l’alléger.

La Cour des comptes vient de publier son deuxième rapport annuel consacré à la transition écologique. Le verdict tombe net. Ce qui a été accompli jusqu’ici reste insuffisant au regard des objectifs que le pays s’est fixés. La France avance trop lentement, et elle le fait avec des comptes publics déjà mal en point.

Le rapport s’appuie sur du concret. Canicules, incendies et sécheresses ne relèvent plus d’un risque lointain, mais d’une réalité déjà coûteuse pour les finances publiques comme pour la société. D’où l’avertissement de l’institution. Renoncer aux investissements nécessaires pour basculer vers une économie bas-carbone ne ferait qu’aggraver durablement la situation budgétaire du pays. Reporter la transition ne fait pas disparaître sa dépense, elle la fait grimper. À l’échelle de la planète, un simple retard de trois ans dans les politiques climatiques coordonnées ferait plus que doubler le coût économique de la transition d’ici 2030, en le faisant passer de 0,5% à 1,3% du PIB mondial.

Les mauvais chiffres s’accumulent d’ailleurs du côté de l’État lui-même. Sa flotte de véhicules devait maigrir de 3% entre 2021 et 2024. Elle a au contraire grossi de 7,2%. La consommation de carburant des administrations a bondi de 20% en 2024 par rapport à 2022. Quant aux bâtiments publics, leur consommation d’énergie n’a reculé que de 5,5%, loin de la cible de 10%. La baisse des émissions de gaz à effet de serre ralentit, et les difficultés persistent sur la biodiversité comme sur la qualité de l’eau.

Pour la Cour, l’effort financier à fournir n’a pourtant rien d’insurmontable. Il faudrait environ 82 milliards d’euros d’investissements bas-carbone supplémentaires en 2030, contre 79 milliards déjà engagés en 2024. Le vrai enjeu, dit-elle, n’est pas de dépenser davantage mais de dépenser mieux. Elle conseille de cibler plus finement les aides publiques, de ne pas tout miser sur les subventions et de mobiliser à bon escient l’argent privé. Elle appelle aussi à renforcer le Secrétariat général à la planification écologique et à mieux relier la stratégie de financement de la transition aux débats budgétaires, avec une programmation pluriannuelle explicite pour vérifier la crédibilité des trajectoires annoncées.

Le rapport insiste enfin sur un autre angle, celui de la souveraineté. S’adapter au changement climatique, réduire les émissions et protéger les ressources naturelles ne vont pas contre les intérêts économiques. Ces efforts renforcent au contraire la sécurité d’approvisionnement, la compétitivité et la résilience. La crise énergétique au Moyen-Orient rappelle à quel point transition écologique, solidité économique et indépendance énergétique sont liées. La question touche directement à la souveraineté énergétique, alimentaire et industrielle du pays.

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