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Trois cancers d’anciens salariés de SK hynix relancent la bataille sanitaire des puces mémoire
En Corée du Sud, des associations réclament que les cancers touchant trois ex-employés de SK hynix soient reconnus comme maladies professionnelles. Le…


En Corée du Sud, des associations réclament que les cancers touchant trois ex-employés de SK hynix soient reconnus comme maladies professionnelles. Le fabricant de puces, pilier de l’intelligence artificielle, assure coopérer tout en défendant ses pratiques.
Des militants ont demandé aux autorités sud-coréennes de reconnaître comme maladies professionnelles les cancers détectés chez trois anciens salariés de SK hynix. Le collectif SHARPS, qui milite pour la santé et les droits des travailleurs du secteur des semiconducteurs, porte cette revendication et vise aussi bien SK hynix que Samsung Electronics. Les deux entreprises sud-coréennes comptent parmi les acteurs majeurs de l’intelligence artificielle, puisque leurs puces mémoire avancées sont devenues indispensables au rythme effréné du développement de ces technologies.
Selon SHARPS, SK hynix aurait recours à des produits chimiques classés comme cancérigènes. Le militant Lee Sang-soo a affirmé que plusieurs substances figurant sur la liste des produits chimiques interdits sont bel et bien utilisées, citant notamment le nickel et ses composés, à partir de données transmises au ministère de l’Environnement. Jusqu’ici, les travaux cherchant à établir un lien entre un emploi dans la fabrication de semiconducteurs et l’apparition d’un cancer n’ont pas abouti à une conclusion ferme. L’agence américaine chargée de la sécurité et de la santé au travail a tout de même signalé que les ouvriers des usines de fabrication et d’assemblage pouvaient être exposés à des solvants, des acides, des métaux toxiques et des gaz chimiques.
De son côté, SK hynix affirme multiplier les efforts pour mieux cerner les caractéristiques de la maladie et se dit pleinement disposée à collaborer aux enquêtes des pouvoirs publics. Sans se prononcer sur les dossiers évoqués par SHARPS, l’entreprise assure avoir adopté des mesures volontaristes en matière de santé au travail, parmi lesquelles un vaste plan de soutien et d’indemnisation.
L’enjeu dépasse les murs de l’usine pour les familles concernées. Kim Yong-il, mari d’une ancienne salariée de SK hynix, Yoon Young-mi, morte d’un cancer du sein, a demandé à l’entreprise comme à l’État de reconnaître l’origine professionnelle de la maladie de son épouse. Selon lui, la nature de son travail l’exposait inévitablement à de multiples substances dangereuses. Elle avait rejoint le site d’Icheon en 1996 et le diagnostic était tombé en 2018.
Face aux proches et aux militants réunis à Séoul, Ko Seong-yong, du service sud-coréen d’indemnisation et de protection sociale des travailleurs, a assuré que les dossiers seraient traités le plus vite possible. Il juge une enquête épidémiologique nécessaire tout en prévenant qu’aucune échéance précise ne peut être fixée, la décision pouvant demander environ un an.
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