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Kidal retombe aux mains de l’armée malienne, sans un seul coup de feu

Les soldats maliens, épaulés par les paramilitaires russes d’Africa Corps, ont repris la ville stratégique du nord. Les combattants touareg du FLA ont…

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Kidal retombe aux mains de l'armée malienne, sans un seul coup de feu

Les soldats maliens, épaulés par les paramilitaires russes d’Africa Corps, ont repris la ville stratégique du nord. Les combattants touareg du FLA ont préféré se retirer plutôt que de livrer bataille, laissant derrière eux une cité presque vide.

Kidal est repassée sous contrôle de l’armée malienne. Mardi, les soldats sont entrés dans cette ville du nord du pays sans croiser la moindre résistance, soutenus par les paramilitaires russes d’Africa Corps. Un convoi parti d’Anefis a atteint la localité dans la journée. « Nous venons d’arriver à Kidal plus tôt que prévu », a lâché un officier de l’état-major. La méthode, elle, était préparée de longue date. Les positions ennemies ont été bombardées en amont, leur emprise desserrée progressivement, avant que les troupes ne s’installent sur place. Aucun affrontement n’a été signalé.

Le Front de libération de l’Azawad, lui, a choisi de partir. Son commandement militaire parle d’un « repli stratégique et maîtrisé », une décision prise pour « préserver des vies humaines ». L’organisation évoque les risques grandissants qui pèsent sur les rares civils encore présents dans la ville, et pointe l’usage disproportionné de moyens aériens par les forces russes et la junte de Bamako. Elle assure qu’il s’agit d’une mesure opérationnelle temporaire, destinée à garder intactes ses capacités humaines et logistiques. Le rapport de force est donc mis en pause. Il n’est pas abandonné.

Cette prise a valeur de symbole. Kidal était le bastion de la rébellion touareg, et l’armée malienne en avait été chassée en avril, un revers cuisant survenu au moment d’attaques coordonnées de grande ampleur contre des positions de la junte et de l’armée dans plusieurs villes, jusque dans les environs de Bamako. Le Mali vit depuis 2012 sous la menace de groupes jihadistes, auxquels s’ajoutent des mouvements comme le FLA et des bandes criminelles communautaires. Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, reste l’un des adversaires les plus actifs. La situation s’est encore dégradée depuis la fin avril, avec une multiplication des attaques à travers le pays. Et depuis les coups d’État de 2020 puis 2021, les autorités au pouvoir se sont rapprochées de Moscou, s’appuyant sur Africa Corps dans leur lutte antijihadiste.

Sur le terrain, la ville se vide. Kidal est aujourd’hui largement désertée par ses habitants. Un chef de famille parti la veille avec les siens l’a confirmé, dans les rues « il n’y a plus un chat ». Cette reconquête arrive après une série de coups durs pour l’armée malienne, dont la mort de cent soldats le 10 septembre, lors d’une attaque jihadiste de grande envergure contre le camp militaire de Dioura, dans le centre du pays. Reprendre Kidal ne règle donc pas tout. Mais pour une armée en quête de victoires, le signal compte.

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