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La Tchéquie quitte la scène de l’Eurovision, sacrifiée aux économies budgétaires

La télévision publique tchèque renonce à présenter un artiste au concours l’an prochain. Un retrait qui découle directement des coupes voulues par le…

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La Tchéquie quitte la scène de l'Eurovision, sacrifiée aux économies budgétaires

La télévision publique tchèque renonce à présenter un artiste au concours l’an prochain. Un retrait qui découle directement des coupes voulues par le gouvernement d’Andrej Babis.

Pas de drapeau tchèque sur scène la saison prochaine. Le groupe public de télévision a annoncé qu’il ne désignerait aucun candidat pour l’Eurovision, invoquant des restrictions budgétaires. Il a fait part de sa décision sur les réseaux sociaux, en glissant l’espoir de revenir un jour participer à ce qui reste le plus grand rendez-vous musical diffusé en direct dans le monde.

Cette absence n’est pas anodine, car le règlement est strict. Seul un diffuseur affilié à l’Union européenne de radio-télévision a le pouvoir de nommer un artiste pour porter les couleurs d’un pays. Et la place de la Tchéquie dans le concours n’a jamais été celle d’un favori. L’édition 2026, organisée à Vienne, a été remportée par Dara, tandis que le chanteur tchèque Daniel Zizka s’est contenté d’une seizième place avec son titre Crossroads. Aucun représentant du pays n’a décroché la victoire depuis la création du concours.

Derrière ce forfait, il y a surtout une bataille politique autour du financement des médias publics. La coalition nationaliste au pouvoir veut tourner la page de la redevance payée par les téléspectateurs et basculer vers une dotation versée directement par l’État. Avec une promesse assumée, réduire les subventions accordées à la télévision et à la radio publiques. Les deux entreprises ont déjà commencé à en tirer les conséquences, en annonçant des suppressions de postes et des ajustements dans leurs programmes. Le Parlement, où la majorité soutient Andrej Babis, n’a toutefois pas encore voté la réforme.

La décision fait grincer des dents. Reporters sans frontières fait partie des organisations qui dénoncent un coup porté à l’indépendance des médias publics. Les salariés de la télévision et de la radio avaient d’ailleurs observé une grève symbolique au mois de juin pour afficher leur refus du projet. Les opposants au chef du gouvernement lui prêtent la même tentation que Robert Fico en Slovaquie ou que l’ancien dirigeant hongrois Viktor Orban, battu aux élections. Restreindre la liberté de la presse publique, en somme.

Ce retrait ajoute enfin une difficulté financière pour l’Union européenne de radio-télévision, qui organise le concours. L’Irlande et l’Espagne ont déjà prévenu qu’elles boycotteraient l’édition 2027 en raison de la participation d’Israël. Le diffuseur irlandais a mis en avant les pertes humaines qui se poursuivent à Gaza et la crise humanitaire qui y sévit. Cinq pays, les Pays-Bas, l’Islande, l’Irlande, la Slovénie et l’Espagne, avaient déjà délaissé l’édition 2026, en s’interrogeant sur l’autorisation donnée à Israël malgré la guerre dans la bande de Gaza. La Russie, elle, a été écartée du concours peu après son invasion de l’Ukraine.

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