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Monnaies antiques volées à Reims, un procès troublé par le contexte franco-russe

Quatre hommes comparaissent à Reims pour le vol d’une centaine de pièces anciennes, en partie retrouvées à Moscou. Un prévenu absent et des tensions entre…

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Monnaies antiques volées à Reims, un procès troublé par le contexte franco-russe

Quatre hommes comparaissent à Reims pour le vol d’une centaine de pièces anciennes, en partie retrouvées à Moscou. Un prévenu absent et des tensions entre Paris et Moscou ont poussé le tribunal à fermer ses portes.

Le procès s’est ouvert à Reims, portes closes. Il doit se tenir jusqu’à la fin de la semaine. Quatre hommes y répondent du vol d’une centaine de monnaies anciennes, dérobées dans les réserves des musées municipaux. La demande de huis clos émane de l’avocate de l’un des prévenus, qui redoute des interférences et des représailles visant son client. Le climat entre Paris et Moscou rend l’affaire très sensible. Le procureur a lui-même reconnu le caractère très particulier du dossier, comme de l’une de ses figures centrales. Les autres avocats ne s’y sont pas opposés.

Anthony C. est agent de sécurité. C’est lui qui aurait subtilisé la majorité des pièces entre 2022 et la fin 2023. Il veut prendre ses responsabilités, explique son avocate. Mais il a besoin de sérénité pour s’exprimer sans danger devant la justice. Car il accuse un autre prévenu, Pierre Malinowski, d’avoir été l’instigateur et le commanditaire des vols.

Ce Franco-Russe de 39 ans est poursuivi pour exportation illégale et complicité de vol de bien culturel. Ancien militaire, passé par le Parlement européen auprès de Jean-Marie Le Pen, il vit désormais en Russie, où il dispose d’appuis au Kremlin. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui. Il a refusé de comparaître et n’a même pas désigné d’avocat pour le représenter.

L’affaire débute à la fin 2023. Un inventaire révèle alors que plus de 130 pièces ont disparu du centre de conservation des musées rémois. Des monnaies surtout en or, pour la plupart de l’époque romaine, rarissimes. Leur valeur cumulée dépasse 1,1 million d’euros. Les enquêteurs ont retrouvé des échanges de messages où Anthony C. envoyait à Pierre Malinowski des photos et des vidéos des pièces entreposées dans les réserves.

Pierre Malinowski a reconnu un jeu malsain, tout en niant fermement avoir commandité le trafic. Sa rage contre la France, alimentée par des poursuites pour des fouilles archéologiques illégales, l’a conduit à encourager Anthony C. à voler, reconnaît-il. En 2025, les autorités russes ont annoncé avoir saisi 79 pièces volées après une tentative de vente sur un marché d’antiquités de Moscou. Mais ces monnaies n’ont pas été restituées aux musées rémois. L’avocat de la ville regrette de n’avoir pas la moindre information sur l’avancée du dossier. Ni le Quai d’Orsay ni le ministère de la Justice n’ont répondu aux questions sur le sujet.

Huit prévenus sont jugés jusqu’à la fin de la semaine. Quatre d’entre eux relèvent d’un volet secondaire, consacré à des fouilles archéologiques illégales menées dans la Marne et dans l’Aisne.

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