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L’ONU et la CPI serrent la vis contre l’oppression des Afghanes

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies réclame l’abrogation de toutes les mesures qui privent les femmes et les filles afghanes de leurs…

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L'ONU et la CPI serrent la vis contre l'oppression des Afghanes

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies réclame l’abrogation de toutes les mesures qui privent les femmes et les filles afghanes de leurs libertés. En parallèle, la Cour pénale internationale dévoile des mandats d’arrêt contre deux ministres talibans pour persécution fondée sur le genre.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté à l’unanimité une résolution qui ne laisse guère de place au doute. Le texte, porté par 37 pays européens ainsi que par le Canada et le Chili, condamne l’oppression subie par les femmes et les filles afghanes. Les 47 États membres de cette instance genevoise y dénoncent une discrimination érigée en système, une ségrégation qui s’installe dans la durée et un mépris assumé de la dignité humaine. Pour le Conseil, ces agissements sont intenables, sans justification possible, et devraient heurter la conscience de l’humanité tout entière.

Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les talibans appliquent une lecture rigoriste de la loi islamique. Leur régime se retrouve largement tenu à l’écart de la scène internationale, qui fustige ses dérives autoritaires. Les femmes paient le prix fort. Elles n’ont plus le droit de fréquenter les espaces publics, parcs compris, ni d’occuper la plupart des métiers. Les filles, elles, voient l’école leur être fermée au-delà de douze ans. Le Conseil souligne que les droits des Afghanes font l’objet d’attaques coordonnées depuis cinq ans, les talibans ayant bâti un maillage d’édits et de mécanismes de contrôle qui ont redessiné presque tous les pans de la vie publique et privée. Une société modelée par le conformisme idéologique, la peur et l’exclusion.

En parallèle, à La Haye, la Cour pénale internationale a levé le voile sur deux mandats d’arrêt. Ils visent Habibullah Agha, ministre de l’Education, et Neda Mohammad Nadeem, ministre de l’Enseignement supérieur. Ces mandats avaient été émis sous scellé le 9 septembre 2025, quelques mois après ceux qui ciblaient le chef suprême taliban Haibatullah Akhundzada et le président de la Cour suprême afghane Abdul Hakim Haqqani. La Chambre préliminaire a estimé qu’il existait des motifs raisonnables de croire que les quatre hommes portent une responsabilité pénale pour avoir ordonné, encouragé ou sollicité un crime contre l’humanité, à savoir la persécution fondée sur le genre, à l’encontre de filles, de femmes et de toute personne refusant de se plier à la politique talibane en matière de genre, d’identité ou d’expression de genre.

Le Conseil des droits de l’homme ne s’arrête pas là. Il demande aux talibans de supprimer toutes les politiques et pratiques qui entravent les droits et libertés des femmes et des filles, notamment la liberté de réunion pacifique, l’accès à l’éducation, au travail et au vote. Il invite aussi la communauté internationale à s’impliquer davantage auprès de toutes les parties concernées en Afghanistan, au nom des droits de tous les Afghans. Le Conseil rappelle encore que les mariages d’enfants, les unions forcées et l’esclavage sexuel des garçons comptent parmi les violations des droits humains. Il pointe l’impunité solidement enracinée dans le pays et exprime sa vive inquiétude face aux souffrances de la population. Enfin, il prolonge d’un an le mandat de son rapporteur spécial indépendant chargé de suivre la situation des droits en Afghanistan.

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