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Ryad fait décoller cent avions pour repousser les Houthis au Yémen

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite appuie désormais par les airs la contre-offensive du gouvernement yéménite contre les Houthis. Dans le même…

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Ryad fait décoller cent avions pour repousser les Houthis au Yémen

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite appuie désormais par les airs la contre-offensive du gouvernement yéménite contre les Houthis. Dans le même temps, un oléoduc stratégique saoudien a de nouveau été visé, perturbant l’acheminement du brut.

C’est un tournant dans un conflit qui n’en finit pas de rebondir. Le chef du Conseil présidentiel yéménite a annoncé dimanche le lancement d’une contre-offensive pour reprendre les territoires tombés aux mains des combattants pro-iraniens. Baptisée « Aube du Yémen », l’opération reçoit désormais l’appui direct de la coalition menée par Ryad, qui soutient le gouvernement depuis 2015. Celle-ci promet un « soutien aérien 24 heures sur 24 aux forces armées yéménites au sol ». Son porte-parole, le général Turki al-Maliki, a précisé que cent avions de combat avaient participé à l’offensive et que 324 cibles de grande valeur avaient été détruites. La coalition dit aussi garantir la protection aérienne du détroit de Bab el-Mandeb.

Depuis la reprise des hostilités en juillet, après des années de calme, le pouvoir reconnu par la communauté internationale peine à freiner l’avancée des Houthis. En septembre, ces derniers se sont emparés du littoral de la mer Rouge à l’issue d’une offensive éclair, et ils encerclent depuis dimanche Taëz, troisième ville du pays. Leur mainmise sur le détroit de Bab el-Mandeb s’est renforcée à mesure que l’Iran, de l’autre côté de la péninsule arabique, imposait de lourdes restrictions à la navigation dans le détroit d’Ormuz, après le début de la guerre au Moyen-Orient en février.

Sur le front de l’énergie, la tension monte aussi. L’oléoduc Est-Ouest, qui achemine le brut saoudien de l’est du royaume vers la mer Rouge en contournant Ormuz, a de nouveau été visé. Une station de pompage située à Khurais, à l’est de Ryad, a été touchée et les pompages ont une fois encore été interrompus, avec des dégâts jugés importants. L’ouvrage avait déjà été mis à l’arrêt en septembre. Depuis le blocage d’Ormuz par Téhéran, il est devenu essentiel pour le premier exportateur mondial de pétrole. Les Houthis, qui frappent régulièrement le royaume voisin et ses installations pétrolières, ont revendiqué des attaques contre des sites du géant Aramco à Ryad et dans la région de Khurais.

Au sol, les forces gouvernementales affirment avoir lancé 1.122 attaques contre les Houthis dans les régions de Saada, d’Al-Jawf, de Taëz et sur la côte occidentale. Leur porte-parole, Majid al-Nazili, assure que plus de 1.500 combattants houthis ont été neutralisés et que ses troupes ont pris le contrôle de l’aéroport de Dhubab, non loin du détroit de Bab el-Mandeb, coupant la route menant au port de Mokha. Les Houthis démentent. Eux confirment des frappes dans la région de Saada, leur fief, et évoquent deux morts, une femme et une fillette, dans des bombardements dans le gouvernorat de Sanaa, alors que les forces gouvernementales disent avoir mené une offensive sur la capitale. Dimanche, les Houthis avaient coupé un axe clé reliant Taëz à Aden, où siège le gouvernement. Dans la ville encerclée, des habitants jurent de rester. Fahmi Ahmed Ghaleb confie ne pas pouvoir partir et affirme que la population demeurera sur place, quitte à y mourir.

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