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Le rial dégringole, Téhéran sort deux milliards de dollars pour le rattraper

La monnaie iranienne a encore reculé samedi et la banque centrale a décidé d’engager jusqu’à deux milliards de dollars pour tenter d’enrayer la chute. Un…

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Le rial dégringole, Téhéran sort deux milliards de dollars pour le rattraper

La monnaie iranienne a encore reculé samedi et la banque centrale a décidé d’engager jusqu’à deux milliards de dollars pour tenter d’enrayer la chute. Un coup de colmatage qui en dit long sur l’état d’une économie étranglée par les sanctions et un blocus naval.

La glissade ne s’arrête pas. Samedi, le rial a de nouveau perdu du terrain, ce qui a poussé l’institution monétaire du pays à annoncer une opération de soutien d’une ampleur rare, jusqu’à deux milliards de dollars, soit environ 1,78 milliard d’euros. Dans les faits, les banques publiques ont commencé à mettre des dollars sur le marché. Le but est limpide. Redonner de l’air à la devise nationale, ou à défaut ralentir sa dégringolade.

Les chiffres, eux, donnent le tournis. Un dollar s’échangeait autour de 2,688 millions de rials samedi, contre 2,632 millions la veille, selon des relevés de marché. D’autres sources avancent même un taux de 2,695 millions. Rapportée à une année, la perte est vertigineuse, plus de la moitié de la valeur partie en fumée. Et l’inflation, elle, dépasse les 70%. Pour les Iraniens ordinaires, le quotidien vire au casse-tête. Se nourrir, payer son loyer, couvrir les dépenses de base. Une part croissante de la population n’y parvient plus.

Cette débâcle a des causes bien identifiées. L’Iran, frappé par une attaque américaine et israélienne fin février, encaisse de plein fouet des sanctions américaines et un blocus naval imposé par la marine des États-Unis. Ce blocus asphyxie la première ressource financière du pays, les exportations de pétrole. Moins de brut vendu, donc moins de devises qui rentrent. Dans ce contexte, beaucoup d’habitants cherchent à sauver ce qu’ils peuvent en achetant des dollars, d’autres monnaies solides ou de l’or.

Face à la panique, les autorités refusent le scénario de l’effondrement. Le conseiller du gouverneur de la banque centrale en charge des questions de change assure que la baisse actuelle n’est que passagère. Il vise aussi Washington, dont les déclarations sur une économie iranienne au bord du gouffre sont selon lui des prédictions fausses, utilisées pour peser sur le cours de la monnaie nationale. Une mise au point qui, pour l’heure, ne suffit pas à calmer un marché qui continue de douter.

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