Faits Divers
Cédric Jubillar avoue le meurtre de sa femme et retourne sur les lieux cinq ans plus tard
Après cinq ans passés à nier, Cédric Jubillar a reconnu avoir étranglé Delphine Aussaguel avant de désigner l’endroit où il avait enterré le corps. Ce…

Après cinq ans passés à nier, Cédric Jubillar a reconnu avoir étranglé Delphine Aussaguel avant de désigner l’endroit où il avait enterré le corps. Ce vendredi, une reconstitution doit tenter de dire si le crime a été commis sur un coup de tête ou longuement préparé.
Ce vendredi, la maison redevient le cœur de l’enquête. À Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, près d’Albi, Cédric Jubillar doit revenir dans le logement inachevé qu’il occupait avec son épouse et leurs deux enfants. Autour de lui, la juge d’instruction, les gendarmes et les avocats des parties civiles observeront ses gestes, ses silences, sa manière de raconter comment il a donné la mort. Chantal Ferreira, première présidente de la cour d’appel de Toulouse, préfère parler d’une « mise en situation » plutôt que d’une reconstitution classique. La scène de cette nuit-là va être rejouée. Le jardin, envahi par les broussailles et les herbes hautes, a été débroussaillé récemment pour laisser passer les équipes. Le convoi prendra ensuite la direction de Mailhoc, à une dizaine de kilomètres, jusqu’à la lisière de champ où le corps a été enterré. Un endroit que l’homme de 39 ans dit avoir repéré lors d’un chantier.
L’affaire a basculé le 15 juillet. Ce jour-là, le peintre-plaquiste, détenu provisoirement depuis juin 2021, a reconnu avoir étranglé sa femme au cours d’une dispute, chez eux, alors que les enfants dormaient. Il a livré un second aveu dans la foulée, en indiquant où il avait mis le corps, en bordure d’un champ à Mailhoc. Les ossements exhumés le 16 juillet ont été analysés. L’ADN a confirmé qu’il s’agissait bien de Delphine Aussaguel, infirmière de 33 ans dans une clinique d’Albi. Les faits remontent à la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein confinement.
Reste une question qui pèsera lourd au procès. Le meurtre a-t-il été improvisé dans un moment de colère, ou préparé de longue date, tout comme la façon de faire disparaître le corps ? L’homme avait lancé à des proches, sur le ton de la plaisanterie, qu’il tuerait sa femme, l’enterrerait, et que personne ne la retrouverait. Des avocats des parties civiles veulent voir si la journée de vendredi viendra confirmer cette piste. Les magistrats et les jurés du procès en appel, programmé à Toulouse du 30 avril au 14 mai, auront à trancher. Condamné en première instance à trente ans de réclusion criminelle, Cédric Jubillar encourt la perpétuité.
Tous les acteurs ne partagent pas la même lecture de cette journée. Philippe Pressecq, avocat d’une cousine de la victime, regrette que la reconstitution se tienne en plein jour. Pour lui, ce qui s’est joué à l’extérieur doit être rejoué de nuit, cela lui paraît une évidence. En amont, mercredi et jeudi, de nouvelles fouilles ont été organisées dans un champ de Mailhoc qui n’avait pas encore été exploré. Elles n’ont rien donné. Les proches de Delphine Aussaguel attendaient beaucoup de ces recherches. Ils attendent désormais tout de cette journée.
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