Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Le carburant coûte moins cher en Allemagne, mais le soulagement reste fragile

Une baisse de la taxe sur l’énergie fait reculer les prix à la pompe outre-Rhin, jusqu’à 17 centimes par litre. Beaucoup d’automobilistes y voient…

Article

le

Le carburant coûte moins cher en Allemagne, mais le soulagement reste fragile

Une baisse de la taxe sur l’énergie fait reculer les prix à la pompe outre-Rhin, jusqu’à 17 centimes par litre. Beaucoup d’automobilistes y voient pourtant un remède trop court pour régler le fond du problème.

Rouler coûte un peu moins cher en Allemagne. Une baisse de la taxe sur l’énergie appliquée à l’essence et au gazole est entrée en vigueur, et la facture à la pompe s’en ressent déjà. Le contexte n’a rien d’anodin. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport des hydrocarbures, les prix des carburants se sont envolés partout en Europe. Cette fermeture fait suite à l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, fin février.

Le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz a bouclé son accord dès septembre. La taxe sur l’énergie recule de 14 centimes par litre, pour l’essence comme pour le gazole. Le dispositif court du 1er octobre jusqu’à la fin 2026. Une fois la TVA intégrée au calcul, l’allègement grimpe à 17 centimes par litre.

Les premiers effets sont visibles. Le prix moyen du litre de sans-plomb 95 a perdu 14,5 centimes en une journée, et celui du gazole 15,2 centimes, selon l’association des automobilistes allemands. Celle-ci se félicite que les conducteurs aient profité très tôt d’une large part de la remise.

Sur le terrain, l’enthousiasme n’est pas général. Andrea Höcker, 33 ans, chargée des relations publiques, faisait le plein dans une station-service à Francfort. Pour elle, ce rabais ressemble à « un cautère sur une jambe de bois ». « Sur la durée, on ne peut pas résoudre le problème comme ça », dit-elle.

La vraie question porte sur la durée. Rien ne garantit que les compagnies pétrolières répercutent l’intégralité de la baisse. Un dispositif comparable lancé au printemps avait laissé un goût amer. Sur 1,6 milliard d’euros d’aides versées, environ 200 millions sont restés dans les caisses des pétroliers, d’après l’autorité chargée de la concurrence. L’association des automobilistes met en garde contre un rattrapage ultérieur des prix et insiste sur un point, l’allègement complet doit arriver jusqu’aux consommateurs. Un club automobile européen tempère en soulignant que si la remise est répercutée à 100 %, elle n’a pas d’incidence directe sur le chiffre d’affaires des compagnies.

Plusieurs économistes jugent la mesure mal ciblée. Le président d’un institut de conjoncture allemand résume l’effet obtenu par une redistribution qui profite surtout aux gros rouleurs au volant de gros véhicules.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus