Société
Dépistage du cancer du sein, l’exécutif vise 80 000 femmes de plus chaque année
À la veille d’Octobre rose, le ministère de la Santé présente ses leviers pour aller chercher les femmes qui échappent encore au dépistage. Au programme…


À la veille d’Octobre rose, le ministère de la Santé présente ses leviers pour aller chercher les femmes qui échappent encore au dépistage. Au programme, une plateforme unique de rendez-vous, des relances téléphoniques et une mobilisation renforcée des radiologues.
Le message est clair et l’échéance symbolique. Juste avant le coup d’envoi d’Octobre rose, mois consacré à la sensibilisation au cancer du sein, le ministère de la Santé a posé mercredi ses intentions. Il veut que le dépistage touche « davantage de femmes ». La ministre Stéphanie Rist assume l’idée d’une étape supplémentaire à franchir. Elle rappelle que depuis près de dix ans les moyens ont été renforcés, les prises en charge améliorées et certains restes à charge réduits. Mais elle veut aller plus loin, avec un objectif simple à énoncer, faciliter concrètement l’accès au dépistage partout sur le territoire.
Ce qui bloque aujourd’hui, c’est souvent la toute première étape. Le ministère le reconnaît, décrocher un rendez-vous de mammographie reste trop compliqué dans certains territoires. Pour y répondre, une plateforme unique doit voir le jour, accompagnée d’un site internet qui recense tous les créneaux disponibles. Autre levier, les plateformes téléphoniques de l’Assurance Maladie, qui doivent accompagner les femmes jusqu’à la prise de rendez-vous, en particulier celles qui sont les plus éloignées du système de soins. Le but affiché est net, permettre à 80 000 femmes supplémentaires par an d’accéder à un dépistage. Le ministère souligne aussi que les campagnes d’information et les invitations ont été renforcées, que les démarches ont été simplifiées et que des actions ont été menées vers les femmes les plus éloignées de la santé.
Reste la question de l’offre. Le ministère juge nécessaire de renforcer les dépistages organisés et veut pour cela muscler la participation des radiologues et des centres d’imagerie, via le projet de budget 2027 de la Sécurité sociale. Dans les hôpitaux, tous les radiologues seront formés au dépistage organisé d’ici la fin 2027. Un chantier de fond, car sans professionnels disponibles et mobilisés, les rendez-vous ne peuvent pas se multiplier.
La loi qui améliore la prise en charge de certains soins et dispositifs liés au cancer du sein avance, elle, à deux vitesses. Quatre mesures sont déjà effectives, les prothèses capillaires, le parcours de soins global, l’activité physique adaptée et les prothèses mammaires externes. Trois autres restent en chantier, plus d’un an et demi après le vote. Pour les soutiens-gorges adaptés, la mise en oeuvre est visée fin 2026, après l’avis de la Haute autorité de santé. Pour les dispositifs de confort, très attendus par les associations et les patientes, un arrêté définissant un panier de produits pris en charge est annoncé pour le début 2027. Quant à la dermopigmentation, un futur arrêté fixant les conditions d’activité des tatoueurs sera soumis à concertation avant la fin de l’année.
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