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Les pompiers haussent le ton avant l’ouverture de leur congrès annuel

Réunis à partir de mercredi à La Roche-sur-Foron, les sapeurs-pompiers arrivent avec des revendications fortes et un préavis de grève toujours actif. Leur…

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Les pompiers haussent le ton avant l'ouverture de leur congrès annuel

Réunis à partir de mercredi à La Roche-sur-Foron, les sapeurs-pompiers arrivent avec des revendications fortes et un préavis de grève toujours actif. Leur fédération attend des engagements concrets du gouvernement, après un été de feux records qui a mis le système à rude épreuve.

Le 132e congrès national des sapeurs-pompiers s’ouvre ce mercredi à La Roche-sur-Foron, en Haute-Savoie, dans un climat électrique. Les soldats du feu réclament depuis des semaines une refonte en profondeur de leur métier, avec des embauches, des moyens supplémentaires et une recentralisation de leurs missions sur l’essentiel. Leur fédération, qui chapeaute l’événement, résume l’enjeu sans détour. Pour son président Jean-Paul Bosland, le pays se trouve à la fin d’un chapitre de l’histoire des pompiers, et il faudra une réforme large pour continuer à assurer les interventions de demain.

La colère ne date pas d’hier. Les syndicats professionnels ont déposé un préavis de grève courant jusqu’au 20 octobre, et ils sont passés aux actes le week-end dernier puis en début de semaine avec des actions coup de poing inhabituelles. Mardi, quelque 8 000 agents territoriaux ont défilé dans une ambiance tendue, avant de rejoindre le mouvement plus large de la fonction publique. Leur reproche principal tient en une phrase. Ils sont célébrés en public, mais cette reconnaissance ne se traduit ni en postes, ni en budget, ni en matériel.

Le gouvernement a bien tenté une première réponse. Début septembre, une synthèse d’un projet de loi sur la modernisation de la sécurité civile a été présentée, sans convaincre les organisations syndicales, faute de mesures tangibles sur les effectifs et les financements. Les représentants des pompiers professionnels ont tout de même été reçus mardi après-midi par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. À la sortie, pour la première fois depuis l’été, ils ont évoqué des signaux positifs et une prise de conscience face aux dangers que ferait peser une sécurité civile affaiblie. Rien de ferme pour l’instant, et tous les regards se tournent vers vendredi, quand le ministre clôturera le congrès.

Le contexte pèse lourd sur les débats. L’été a repoussé les limites du système de secours, avec 98 000 hectares partis en fumée depuis janvier et quatre pompiers morts. Un rapport parlementaire dévoilé mardi parle même d’un basculement et insiste sur l’urgence à anticiper, alors que les feux ont changé d’échelle. Sur place, les organisateurs veulent aussi parler d’avenir, avec la présentation de la caserne du futur, ses drones, ses robots, ses véhicules connectés et son intelligence artificielle. L’événement, rebaptisé Mondial Secours et Protection, s’ouvre aussi à la coopération européenne, un échange d’expériences que la fédération compare volontiers à un Erasmus du secours.

Aucune manifestation n’est prévue pendant le congrès. Mais la fédération prévient qu’elle pourrait sortir de sa réserve si les annonces attendues ne viennent pas. Jean-Paul Bosland l’a dit clairement. Sans geste concret, des mesures seront prises.

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