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Des salariées écartées pendant une visite, le patron de la tour Eiffel annonce son départ

Un mois après que des employées ont été mises à l’écart lors du passage d’une délégation hindoue, le directeur général de la société qui exploite le…

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Des salariées écartées pendant une visite, le patron de la tour Eiffel annonce son départ

Un mois après que des employées ont été mises à l’écart lors du passage d’une délégation hindoue, le directeur général de la société qui exploite le monument a choisi de partir. Les enquêtes internes ont révélé de sérieux ratés dans l’organisation de cette visite.

Patrick Branco Ruivo, 55 ans, a annoncé mardi qu’il quittera la tête de la Société d’exploitation de la tour Eiffel fin 2026. Il dirigeait l’entreprise depuis 2018, sans limite de durée fixée. Dans un courrier adressé à ses quelque 420 salariés, il affirme n’avoir jamais donné la moindre instruction pour écarter ou remplacer des femmes sur le parcours de la délégation. Il reconnaît pourtant que la chose a bien eu lieu ce jour-là, dit le regretter, et estime que sa responsabilité est engagée, puisque c’est à lui qu’il revient de répondre du fonctionnement de l’entreprise.

Les faits remontent au samedi 5 septembre. Ce jour-là, une délégation du mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha visite le monument, à la veille de l’inauguration de son premier grand temple en France, à Bussy-Saint-Georges, près de Paris. Le mouvement, réputé particulièrement conservateur et nationaliste au sein de la diaspora indienne, avait demandé que les échanges avec des femmes soient limités. La SETE avait accepté ces conditions, avant de reconnaître qu’elles n’auraient jamais dû l’être. L’éviction d’employées a provoqué un tollé dans la classe politique et une grève du personnel dès le lundi suivant, qui a gardé la tour fermée toute la journée.

L’enquête interne a mis au jour des dysfonctionnements et des défaillances dans la structuration des visites protocolaires et dans l’organisation de celle du 5 septembre, des manquements qui ont abouti à cette mise à l’écart. Le rapport n’a pas été rendu public. Un second, confié à l’Inspection générale de la Ville, propriétaire à 99 % du monument, est arrivé aux mêmes conclusions. Ariel Weil, président de la SETE et maire de Paris Centre, réclame désormais la création d’un véritable service protocolaire, de nouvelles mesures et des formations en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le maire de Paris Emmanuel Grégoire salue une décision responsable après huit années au service du monument et de l’entreprise, et juge indispensable de préparer la transition de direction dans les meilleures conditions, pour que de tels incidents ne puissent plus se reproduire. De son côté, le BAPS a présenté ses excuses à toute personne qui aurait pu se sentir blessée ou gênée, tout en assurant que l’accès à la tour n’avait jamais été refusé à quiconque. Ces remous surviennent alors que la dame de fer, âgée de 137 ans, enchaîne les chantiers, entre l’ascenseur Nord et une vingtième campagne de peinture, des travaux épinglés par la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France. Le monument a accueilli 6,75 millions de visiteurs en 2025.

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