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Les pompiers défilent à Paris pour réclamer des moyens, pas des promesses

Des milliers de sapeurs-pompiers ont marché mardi dans la capitale pour faire entendre leur fatigue et leurs revendications. Effectifs qui fondent…

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Les pompiers défilent à Paris pour réclamer des moyens, pas des promesses

Des milliers de sapeurs-pompiers ont marché mardi dans la capitale pour faire entendre leur fatigue et leurs revendications. Effectifs qui fondent, interventions qui grimpent, financement incertain, leur message vise directement le gouvernement.

Les rues du sud-est parisien ont crépité toute la journée. Des milliers de sapeurs-pompiers, pour beaucoup le mot « en grève » inscrit sur leur polo, se sont élancés depuis la place d’Italie derrière une banderole qui résume leur exigence. On pouvait y lire « des moyens pas des miracles ». Dans leur sillage, des fumigènes rouges, des drapeaux aux couleurs de la CGT, de Sud, de Solidaires et de la FA SPP-PATS, et des pétards par centaines.

« On vient défendre notre profession face aux difficultés qu’on rencontre depuis des années », lâche Guillaume Civray, de la fédération autonome SPP-PATS du Var. Il rappelle l’été meurtrier. « On a encore perdu quatre collègues, plusieurs centaines de pompiers ont été intoxiqués. » La fatigue revient dans toutes les bouches. Julien Dubois, sapeur-pompier en Seine-et-Marne, résume le paradoxe. « Nos interventions augmentent, mais le personnel diminue. » Et les camions, dit-il, perdent en efficacité.

Les syndicats attendaient beaucoup du rendez-vous fixé avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en ce début d’après-midi. Leur objectif est clair. Peser sur les textes qui arrivent. Un projet de loi sur la modernisation de la Sécurité civile doit être examiné à l’automne, et le budget sera débattu à partir du 20 octobre, date à laquelle expire en théorie leur préavis de grève. En ligne de mire aussi, un financement durable des services départementaux d’incendie et de secours. Leurs dépenses de fonctionnement sont passées de 3,9 milliards d’euros en 2012 à 5,2 milliards en 2025.

Autre demande, un recentrage sur les secours et les soins d’urgence aux personnes. Ces interventions pèsent plus de 4,89 millions d’opérations en 2025, soit 87 % de leur activité. Les professionnels réclament aussi davantage de reconnaissance, alors que plus de la moitié d’entre eux comptent également parmi les quelque 200 900 volontaires. La mission parlementaire lancée en urgence après les mégafeux du Sud-Ouest, quatre ans après ceux de 2022, a rendu ses conclusions lundi au Premier ministre. Le verdict des syndicats est dur. « Encore des constats, des bonnes intentions plus que des mesures », tacle Xavier Boy, de la FA SPP-PATS. Le gouvernement a annoncé 200 millions d’euros dirigés vers les services départementaux, principaux financeurs. Pour les intéressés, « ça ne sera pas suffisant ».

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