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La Russie s’invite au G20 Finance et met les alliés de Washington mal à l’aise
La grand-messe économique du G20 s’ouvre sous tension à Asheville. La présence du ministre russe des Finances exaspère les Européens, tandis que les…


La grand-messe économique du G20 s’ouvre sous tension à Asheville. La présence du ministre russe des Finances exaspère les Européens, tandis que les États-Unis gardent le cap sur l’Iran.
Les États-Unis ont pris les rênes du G20 cette année et entendent bien imposer leur tempo. La première réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux se tient jusqu’à mardi dans un complexe hôtelier cossu au pied des Appalaches, en Caroline du Nord. Pour l’hôte américain Scott Bessent, l’occasion est double. Il veut pousser sa vision libérale, avec une bonne dose de dérégulation, mais aussi convaincre les grandes économies de serrer la vis à Téhéran. Quelques heures avant l’ouverture, Washington a d’ailleurs repris ses bombardements sur l’Iran, preuve que la pression ne faiblit pas.
Mais très vite, une autre guerre est venue parasiter les débats. Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, habituellement persona non grata dans les grands rendez-vous occidentaux, a fait son apparition parmi les délégués. Il a même pu s’entretenir avec Scott Bessent. L’Union européenne n’a pas caché son agacement et a demandé qu’il soit exclu de la photo de famille du sommet. Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a jugé ce signal perturbant. Du côté de la Maison Blanche, on assume pleinement ce dialogue direct avec Moscou, au nom d’une volonté de mettre fin au bain de sang en Ukraine.
Les tensions ne s’arrêtent pas là. Donald Trump a déjà bousculé tous les membres du G20 avec ses droits de douane, et les relations avec le Canada restent exécrables. Le ministre canadien François-Philippe Champagne assure être venu avec un bon état d’esprit, prêt à discuter. Autre sujet de discorde, l’Afrique du Sud a été écartée des réunions cette année, Washington reprochant à Pretoria, sans preuves, de persécuter les fermiers blancs. Enfin, le Trésor américain a refusé d’accréditer plusieurs journalistes de grands médias, une décision dénoncée par le National Press Club au nom de la liberté de la presse. Le G20, créé après la crise asiatique de 1997-1998 pour stabiliser l’économie mondiale, se retrouve ainsi traversé par des lignes de fracture de plus en plus profondes.
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