Société
L’espace n’est pas une tour de verre, c’est votre quotidien
Nos téléphones, nos prévisions météo, nos GPS tout cela dépend de l’espace. Pourtant, on se sent encore très loin de lui, comme si c’était réservé à une…


Nos téléphones, nos prévisions météo, nos GPS tout cela dépend de l’espace. Pourtant, on se sent encore très loin de lui, comme si c’était réservé à une élite.
Thomas Pesquet veut casser cette image. L’astronaute français, qui préside la Fondation de l’Espace, insiste sur un point clé. Le spatial ne doit pas rester un domaine inaccessible, une sorte de sanctuaire pour ingénieurs. Il doit être perçu comme ce qu’il est vraiment. Un service public au service de tous. Chaque jour, des technologies venues de l’espace améliorent notre quotidien. Les satellites nous aident à nous repérer, à communiquer, à anticiper la météo. Mais ce lien invisible reste abstrait pour beaucoup. D’où l’idée de multiplier les initiatives pour rapprocher le spatial des gens. Par exemple avec la Space Game Jam, un concours de création de jeux vidéo autour des enjeux spatiaux et environnementaux. L’objectif est simple. Montrer que l’espace n’est pas un truc lointain et mystérieux, mais un outil concret qui sert tout le monde.
Cette question de la proximité avec le grand public est cruciale, surtout quand on parle d’avenir. Thomas Pesquet s’inquiète du manque de vocations scientifiques. Dans les années à venir, l’Europe aura besoin d’ingénieurs pour relever des défis technologiques majeurs. Pourtant, trop de jeunes hésitent à s’engager dans ces filières. C’est encore plus vrai dans les quartiers défavorisés ou chez les filles, alors même qu’elles réussissent aussi bien, sinon mieux, que les garçons dans ces domaines. Il faut donc aller chercher ces talents là où ils sont, et leur montrer que l’espace peut être une voie passionnante et utile. Pas seulement un rêve inaccessible, mais un métier qui a du sens.
À l’échelle internationale, Thomas Pesquet défend une vision multilatérale de l’espace. Alors que les tensions géopolitiques montent, il appelle à resserrer les rangs. L’Europe a un rôle clé à jouer, notamment sur des sujets comme les débris spatiaux ou le réchauffement climatique. Des voix portent moins ces enjeux aujourd’hui dans le monde. L’Europe doit donc les porter encore plus fort. Pour préparer le sommet spatial international de Paris en septembre, Pesquet est nommé envoyé spécial. Sa mission aider à construire des positions communes, surtout sur les grands programmes comme le retour sur la Lune. L’unité européenne est pour lui une condition indispensable pour avancer. Pas question de laisser l’espace devenir un terrain de compétition fragmenté.
Et la Lune justement. Thomas Pesquet vient de réussir son examen de pilote d’essai, une compétence clé pour le programme Artemis. Ce retour vers la Lune, qui rappelle l’esprit pionnier des années 60 et 70, est une chance. Pour lui, voir un Français marcher sur la Lune serait un symbole immense. Cela prouverait que tout est possible, que le rêve est accessible. Cela insufflerait du dynamisme et de la confiance dans toute une société. L’espace n’est pas une vitrine inaccessible. C’est un moteur pour l’avenir, à condition de le partager avec le plus grand nombre.
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