Europe
300 milliards de livres pour une armée britannique nouvelle génération
Keir Starmer dévoile un plan massif d investissement militaire avant son départ. Drones, dissuasion nucléaire et une marine hybride sont au cœur de la…


Keir Starmer dévoile un plan massif d investissement militaire avant son départ. Drones, dissuasion nucléaire et une marine hybride sont au cœur de la stratégie.
Le Royaume-Uni s’apprête à injecter près de 300 milliards de livres dans ses forces armées sur les quatre prochaines années. L’objectif est clair : moderniser l’armée pour faire face aux menaces actuelles, qu’elles viennent de la Russie ou des conflits au Moyen-Orient. Le Premier ministre, pourtant sur le départ, a présenté ce plan depuis un site de fabrication de drones dans le Berkshire. Il a insisté sur la nécessité de transformer le pays pour assurer sa sécurité et saisir les opportunités économiques liées à cet effort de défense. « Nous devons faire le nécessaire pour affronter résolument ce nouveau monde », a-t-il déclaré, promettant une armée capable de se défendre et de soutenir l’Otan d’ici 2030.
Le plan mise lourdement sur les nouvelles technologies. Cinq milliards de livres seront consacrés au développement de drones, notamment des modèles de déminage et des drones d’attaque peu coûteux. L’idée est de tirer les leçons des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, où ces engins changent la donne. Parallèlement, 63 milliards seront investis dans la dissuasion nucléaire britannique et 11 milliards pour reconstituer les stocks de munitions. Le Royaume-Uni participe aussi au programme d’avion de combat du futur avec le Japon et l’Italie, à hauteur de 8 milliards. Côté marine, la Royal Navy va devenir « hybride » en mêlant navires autonomes pilotés par intelligence artificielle et flotte traditionnelle. Au moins six nouveaux navires de guerre seront construits, garantissant du travail pour les chantiers navals du pays.
Ce plan arrive dans un contexte politique très tendu. Les atermoiements autour de son financement ont aggravé la crise qui a conduit à la démission de Starmer. Le ministre de la Défense de l’époque, John Healey, avait claqué la porte, accusant le gouvernement de ne pas débloquer les fonds nécessaires. Son successeur, Dan Jarvis, était présent aux côtés de Starmer pour afficher l’unité. Au total, ce sont 15 milliards de livres supplémentaires sur quatre ans, bien moins que les 28 milliards réclamés par l’état-major. Pour financer le tout, le gouvernement va geler des projets dans l’énergie et les transports jugés non vitaux, et déjà rogner sur l’aide internationale. Starmer, qui quittera Downing Street mi-juillet après le sommet de l’Otan, laisse à son probable successeur Andy Burnham le soin de mettre en œuvre ce plan.
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