Politique
Bardella et Le Pen les poupées gigognes du RN
À dix jours du verdict qui scellera peut-être l’avenir présidentiel du parti, les proches de Marine Le Pen balayent toute idée de divergence avec Jordan…


À dix jours du verdict qui scellera peut-être l’avenir présidentiel du parti, les proches de Marine Le Pen balayent toute idée de divergence avec Jordan Bardella. Mais derrière l’unité affichée, des fractures récentes inquiètent.
Le Rassemblement national retient son souffle. Le 7 juillet, la cour d’appel de Paris dira si Marine Le Pen est inéligible ou non dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Et depuis plusieurs semaines, les tensions entre la cheffe historique et son dauphin s’invitent dans le débat. Pourtant, dimanche, Jean-Philippe Tanguy a voulu couper court à toute rumeur. Le député RN a utilisé une image simple pour décrire la relation entre les deux figures. Il a comparé Bardella à une poupée gigogne, intégrée dans la doctrine politique de Marine Le Pen. Selon lui, le bardellisme n’existe pas, car ce n’est que du marinisme. Un discours de loyauté qui vise à rassurer les troupes à l’approche de l’échéance judiciaire.
Mais ces derniers mois, les positions des deux dirigeants ont parfois divergé. Le sujet des retraites en est le meilleur exemple. Sur ce dossier, Jordan Bardella a semblé prendre ses distances avec la ligne défendue par Marine Le Pen. Ce genre d’écart alimente les spéculations sur une possible rivalité. Pourtant, Sébastien Chenu, autre proche de la députée du Pas-de-Calais, a lui aussi réaffirmé sa confiance. Il espère que la justice laissera Marine Le Pen se présenter et a jugé étrange que des magistrats puissent désigner le candidat d’un parti à la place des électeurs. Un argument qui revient en boucle chez les soutiens de l’ancienne candidate.
Du côté judiciaire, l’incertitude reste totale. En première instance, Marine Le Pen a été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, plus quatre ans de prison dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique. Le ministère public a requis la confirmation de ces peines en appel. Mais les proches plaident l’innocence. Jean-Philippe Tanguy a confié qu’il savait du fond du cœur que Marine Le Pen n’avait pas agi avec intentionnalité. Il a dit parler avec ses tripes, espérant que la justice reconnaisse son innocence et celle des autres mis en cause. En attendant, le RN vit ses derniers jours de flottement, tiraillé entre une unité de façade et des ambitions qui pourraient bien s’entrechoquer.
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