Économie
La méga-mine qui affole les grandes puissances
Au sud-est de la République démocratique du Congo, une mine produit un cuivre quatre fois plus concentré que la moyenne mondiale. De quoi attirer les…


Au sud-est de la République démocratique du Congo, une mine produit un cuivre quatre fois plus concentré que la moyenne mondiale. De quoi attirer les convoitises chinoises et américaines, dans un pays où deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté.
Sur le site de Kamoa, près de Kolwezi, les machines tournent sans interruption. Le minerai extrait ici affiche une teneur en cuivre de 2,8%, contre 0,7% en moyenne ailleurs dans le monde. Une richesse rare qui a déjà attiré des investisseurs chinois et sud-africains. La mine produit aujourd’hui 300 000 tonnes par an, mais l’objectif est d’atteindre 400 000 tonnes en 2027 et 500 000 tonnes à partir de 2028. De quoi passer de plus grande mine de cuivre d’Afrique à l’une des toutes premières au monde. Pourtant, la RDC reste l’une des nations les plus pauvres de la planète, avec près de 100 millions d’habitants dont les deux tiers vivent sous le seuil de pauvreté. Le contraste est saisissant entre ces montagnes de cailloux rougeâtres qui valent des milliards et la misère qui entoure le site.
Cette manne minière est devenue un enjeu géopolitique majeur. Le secteur minier congolais est aujourd’hui dominé par la Chine, qui contrôle environ 70% de l’activité. À Kolwezi, les enseignes en mandarin et les hôtels fréquentés par des clients étrangers témoignent de cette présence massive. Mais les États-Unis tentent de reprendre pied. En décembre, Kinshasa a signé un accord de partenariat stratégique avec Washington, prévoyant l’exploration potentielle de 25 sites miniers. Le géant suisse Glencore a aussi noué un accord avec un consortium américain pour une prise de participation dans ses actifs en RDC. Pour les dirigeants congolais, cette rivalité n’est pas la leur. Le directeur de l’Entreprise générale du cobalt le résume simplement : il y a 2,4 millions de kilomètres carrés à explorer, de la place pour tout le monde.
Le cuivre et le cobalt ne sont pas des minerais comme les autres. Ils sont indispensables à la fabrication de smartphones, d’ordinateurs, de voitures électriques et de batteries. Une voiture électrique contient 80 kg de cuivre, contre 20 kg pour une thermique, et jusqu’à 20 kg de cobalt. Selon l’ONU, la demande mondiale de cuivre devrait augmenter de plus de 40% d’ici 2040, et celle du cobalt quadrupler d’ici 2030. Autour du complexe de Kamoa, Ivanhoe Mines détient des droits d’exploration sur un territoire six fois plus grand et à la minéralogie très similaire. De quoi alimenter les ambitions de tous les acteurs, pour peu que la concurrence reste saine.
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