Économie
La retraite à la française pourrait bientôt avoir un troisième étage
Le système par répartition vacille sous le poids du vieillissement. Les professionnels de la gestion d’actifs proposent d’y ajouter un pilier de…


Le système par répartition vacille sous le poids du vieillissement. Les professionnels de la gestion d’actifs proposent d’y ajouter un pilier de capitalisation pour sécuriser les pensions futures.
Le modèle français des retraites repose sur la répartition. Les cotisations des actifs paient directement les pensions des retraités. Mais ce système est en péril. La natalité baisse, l’espérance de vie augmente. Résultat, le rapport entre cotisants et retraités s’effondre. Dans les années 1950, on comptait plus de quatre actifs pour un retraité. Aujourd’hui, ils sont 1,8. Et les projections du Conseil d’orientation des retraites annoncent 1,4 d’ici 2070. Mécaniquement, les finances craquent.
Pour éviter d’alourdir les charges, l’Association française de la gestion financière (AFG) sort un Livre blanc le 17 juin 2026. Son idée ne pas remplacer la répartition mais la compléter par un troisième étage. Concrètement, environ 15% des cotisations aujourd’hui versées à l’Agirc-Arrco seraient réorientées vers un nouveau régime. Cet argent serait investi sur les marchés financiers pour générer des rendements sur le long terme. Les placements seraient adaptés à l’âge. Les plus jeunes verraient leur épargne investie en actions, plus rémunératrices mais risquées. En approchant de la retraite, les fonds basculeraient vers des actifs sûrs comme les obligations. À la fin, la somme serait transformée en rente viagère.
Cette réforme viserait surtout les moins de 40 ans. Pour les plus âgés, le temps manque pour profiter des marchés. Les moins de 40 ans représentent la moitié des salariés et près de 40% des cotisations à l’Agirc-Arrco. Par ailleurs, les gestionnaires d’actifs veulent renforcer l’épargne retraite collective. Ils proposent de rendre obligatoire le plan d’épargne retraite d’entreprise (PERCOL) dans toutes les sociétés d’au moins dix salariés, contre cinquante aujourd’hui. Une partie des primes d’intéressement et de participation serait aussi automatiquement versée dans ces plans. Au moment du départ, le salarié récupérerait son épargne en capital, en rente ou les deux.
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