Monde
Sous la menace Ebola, les orpailleurs de Mongbwalu creusent pour survivre
Dans le nord-est de la RDC, la fièvre hémorragique a déjà tué des centaines de personnes. Pourtant, dans les mines d’or, des hommes et des femmes…


Dans le nord-est de la RDC, la fièvre hémorragique a déjà tué des centaines de personnes. Pourtant, dans les mines d’or, des hommes et des femmes continuent de travailler chaque jour, risquant la contamination pour nourrir leur famille.
À Mongbwalu, l’épidémie d’Ebola n’a pas stoppé les chantiers. Les chercheurs d’or affluent dès l’aube, pioches et tamis en main, pour fouiller une terre ocre creusée de trous béants. Beaucoup viennent d’autres provinces ou de pays voisins comme l’Ouganda. Ils espèrent gagner quelques centaines de dollars par semaine. Mais ici, la promiscuité est totale. On se touche, on sue ensemble, on manipule le minerai à mains nues alors que le virus circule. Les gestes barrières recommandés par les autorités sanitaires paraissent impossibles à respecter. Un mineur le résume simplement : le travail oblige au contact, et rester chez soi, c’est condamner ses enfants à la faim.
Le dernier bilan officiel dépasse les 250 morts et un millier de cas. À Mongbwalu même, 89 personnes sont décédées sur 209 contaminations. Plusieurs mineurs figurent parmi les victimes. Pourtant, l’activité ne ralentit pas. Les orpailleurs mélangent du mercure à la boue pour en extraire l’or brut, sans savoir qui est porteur du virus. Beaucoup préfèrent consulter des guérisseurs traditionnels plutôt que de se rendre à l’hôpital. La méfiance envers les structures médicales est grande dans cette région abandonnée aux violences des groupes armés. Les gisements sont souvent sous leur contrôle, et les accidents mortels dans les puits sont fréquents. Alors, face à Ebola, certains ne comptent plus que sur la prière.
Des équipes de la Croix-Rouge en combinaison intégrale interviennent régulièrement pour emballer les corps et limiter la transmission post-mortem. Mais la nécessité économique est plus forte que la peur. Les commerces d’or en ville continuent de négocier, le cours de l’or battant des records. Chaque matin, les femmes attachent leurs cheveux dans un tissu, nouent un tablier en plastique et repartent creuser. Un creuseur résume l’état d’esprit général : on ne sait pas qui est malade, et après le travail, chacun rentre chez soi. Dans cette lutte quotidienne pour la survie, la maladie n’est qu’un risque de plus.
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