Monde
Au cœur des combats, le sauvetage des animaux abandonnés
Alors que les hostilités se poursuivent dans la banlieue sud de Beyrouth, une poignée de volontaires s’engage dans des opérations périlleuses pour secourir les animaux domestiques laissés pour compte par leurs propriétaires en fuite.
Juchés sur des deux-roues, équipés de cages et de protections, des membres de l’organisation Animals Lebanon parcourent les rues dévastées de cette zone régulièrement visée par des frappes. Leur objectif est de localiser et de mettre à l’abri chiens et chats, souvent cachés ou blessés, que les habitants n’ont pu emmener dans leur précipitation. Les quartiers, jonchés de gravats, sont sillonnés avec une détermination qui ne faiblit pas malgré les dangers.
Les interventions se déroulent dans un contexte d’accès limité pour les observateurs extérieurs, en raison des risques sécuritaires et des restrictions en vigueur. Les équipes, réduites et mobiles, privilégient les scooters pour leur maniabilité, leur permettant une évacuation rapide si nécessaire. Les animaux recueillis sont ensuite conduits vers des structures vétérinaires à Beyrouth.
Les motivations de ces sauveteurs sont doubles. Ils expriment une profonde empathie pour ces êtres vivants, considérés comme des victimes collatérales des conflits, tout en souhaitant soulager la détresse de propriétaires contraints à l’exode et dans l’impossibilité de revenir sur les lieux. Depuis le début des récentes escalades, plusieurs centaines d’animaux ont ainsi été pris en charge dans les zones affectées, au-delà des seules missions de sauvetage. L’association fournit également de la nourriture et des soins aux bêtes errantes et aux familles déplacées avec leurs compagnons.
L’exode massif des populations et l’intensité des bombardements créent une situation particulièrement critique pour les animaux de compagnie. Effrayés par les déflagrations, nombre d’entre eux se terrent, rendant leur localisation extrêmement difficile au moment du départ. Ceux qui sont secourus mais dont les propriétaires sont introuvables, souvent hébergés dans des abris de fortune dans la capitale, sont temporairement pris en charge par l’organisation.
L’action ne se limite pas aux animaux domestiques. L’ONG a également dû intervenir pour des cas plus exceptionnels, comme la prise en charge de félins sauvages, dont de jeunes lions, dont le transfert vers des refuges adaptés à l’étranger est compliqué par la suspension des liaisons aériennes. Des solutions alternatives par voie maritime sont à l’étude.
Chaque mission sur le terrain comporte ses risques, qui ne se résument pas uniquement aux frappes. Les volontaires, dont les mains portent souvent les stigmates de griffures et de morsures, opèrent auprès d’animaux désorientés et effrayés, pouvant réagir avec agressivité. La peur d’une attaque lors d’une capture est constante, les bêtes ne comprenant pas toujours l’intention de leurs sauveteurs. Malgré cela, la détermination reste de mise, une cage remplie et une vie épargnée représentant une victoire au milieu des ruines.
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