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Un an après le séisme, la Birmanie entre reconstruction et mémoire

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Douze mois après une secousse majeure, les traces de la catastrophe demeurent visibles dans le paysage et les esprits, alors que les efforts pour rebâtir se poursuivent dans un contexte national complexe.

Les cicatrices de la terre qui trembla demeurent profondes. Si les routes ont été réparées et les gravats en grande partie évacués, certains symboles de la destruction résistent au temps. À Mandalay, d’anciennes travées d’un pont historique se dressent toujours, suspendues au-dessus des eaux de l’Irrawaddy, rappel silencieux de la violence du phénomène naturel survenu en mars de l’année dernière. L’événement, d’une magnitude significative, avait alors coûté la vie à plusieurs milliers de personnes à travers le pays.

Le processus de relèvement présente un visage contrasté. Dans l’ancienne capitale royale, particulièrement éprouvée, les stigmates s’estompent par endroits. Les tours penchées du palais ont été redressées, et de nombreux terrains laissés vides par l’effondrement d’habitations ont été déblayés et clôturés. Les abords des douves, qui avaient servi de refuge à des milliers de sinistrés redoutant les répliques, ont retrouvé leur quiétude, fréquentés par des promeneurs et des sportifs. Pourtant, la reconstruction peine à uniformiser son rythme. Des bâtiments résidentiels ont été rebâtis, tandis que d’autres attendent toujours.

La dimension spirituelle et communautaire reste au cœur du travail de mémoire et de résilience. Dans un monastère de la banlieue, où des moines avaient œuvré à mains nues parmi les décombres, certains édifices ont dû être rasés. Les religieux poursuivent les travaux avec les moyens disponibles, conscient que les épreuves font partie de l’existence. Non loin de là, dans une pagode, une statue de Bouddha couché émerge d’un amas de briques, son visage ayant été pieusement nettoyé. Pour les habitants, sa présence intacte est perçue comme un signe de protection ayant permis de traverser l’épreuve.

Les séquelles psychologiques persistent, tout comme les défis administratifs. Dans un village voisin d’Amarapura, le lieu de culte d’une communauté, détruit lors d’une prière, n’a toujours pas pu être reconstruit, en attente des autorisations officielles nécessaires. Les fidèles se rassemblent sous une structure temporaire. Pour beaucoup, le souvenir des secousses, du chaos et des pertes demeure d’une acuité douloureuse, réveillé par le moindre bruit inhabituel. L’anniversaire de l’événement ravive ces émotions, laissant l’impression que les faits remontent à hier. Le chemin vers un retour à la normale s’annonce encore long, entre nécessités matérielles et travail de deuil.

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