C’est la troisième fois cette année que des animateurs se mettent en grève pour réclamer une revalorisation des rémunérations et une meilleure reconnaissance de leur travail.
Une meilleure reconnaissance de la filière animation, une revalorisation des rémunérations, des formations diplômantes… Des animateurs des services loisirs enfances jeunesses des communes du bassin de Thau se sont mobilisés, ce jeudi 30 juin 2022, pour la troisième fois au cours de cette année scolaire, en se rassemblant pour manifester leurs inquiétudes.
A l’initiative de la CGT et de nombreux collectifs associatifs, les animatrices et animateurs dans la France entière tentent de faire entendre leur colère concernant la forte dégradation des conditions de travail. Entre la précarité des salaires, les temps partiel imposés, le taux d’encadrement professionnel insuffisant et dangereux, le secteur de l’animation est en détresse.
Le problème qui se pose à Sète se pose partout en France. Dû à la crise sanitaire du Covid, les formations du BAFA ont été suspendues ce qui entraîne une pénurie de personnel titulaire du diplôme du brevet d’animateur en accueille collectif de mineur.
« Chaque année c’est la même chose et de façon dramatique, on ne trouve plus d’animateurs. On est arrivé à un point où parfois on est contraint à embaucher du personnel n’ayant pas forcément obtenu la première partie du BAFA », explique le porte-parole de mouvement de grève des animateurs, William Polis. « Ce qu’on demande c’est une reconnaissance du gouvernement et une revalorisation du personnel. Si le gouvernement ne nous entend pas, la corde elle va céder », ajoute-t-il.
« C’est simple, c’est un appel à l’aide »
« Mon état d’esprit aujourd’hui, j’ai un peu peur pour l’animation qui manque de personnel et de budget »,confie un directeur de structure sur la commune de Gigean. Dans ce métier, on essaye petit à petit de professionnaliser, d’établir de véritable projets pédagogiques, des activités bien menées et bien réfléchis, mais on ne nous donne pas les moyens de le faire. On se professionnalise d’un côté, mais de l’autre on nous demande de rester volontaire », précise-t-il.
« Ce qui est dérangeant, ce sont les moyens mis en place pour les enfants. On de moins en d’animateurs et de moins en moins de budget pour la jeunesse », regrette le directeur.
« Le personnel qualifié aujourd’hui n’est pas légitime aux yeux du gouvernement. On est simplement une garderie comme il y a 20 ans. Il n’y a pas de reconnaissance pour le véritable enjeu que ce métier représente. Nos animations ne sont pas simplement du jeu, elles doivent être pédagogiques et stimulantes pour les enfants. C’est l’éducation de la jeunesse de demain, c’est l’avenir », affirme une animatrice.
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