Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva entame une visite d’État au Japon, avec pour objectif de renforcer les échanges économiques et la coopération environnementale, face aux tensions commerciales mondiales.
Le chef d’État brésilien, accompagné d’une délégation économique imposante, a débuté lundi une mission de quatre jours au Japon. Cette visite vise à consolider les relations commerciales et à promouvoir une collaboration accrue en matière de climat, dans un contexte international marqué par les mesures protectionnistes des États-Unis.
À 79 ans, Lula effectue sa troisième visite officielle au Japon en tant que président. Son arrivée coïncide avec une période de tensions commerciales croissantes, notamment en raison des tarifs douaniers imposés par l’administration américaine. Tokyo, allié traditionnel de Washington, n’a pas échappé à ces mesures, notamment sur l’acier, et craint désormais des taxes supplémentaires sur ses exportations automobiles.
Devant la presse japonaise, Lula a dénoncé le protectionnisme croissant, qualifiant cette tendance d' »absurde ». Il a souligné l’importance de préserver le libre-échange, une position que le Brésil et le Japon entendent défendre ensemble. Les deux pays prévoient de signer un plan d’action bilatéral, axé notamment sur le développement de biocarburants, dans le cadre de leur engagement commun pour le climat. Le Brésil, qui accueillera la COP30 en novembre 2025, cherche à renforcer son leadership environnemental.
Sur le plan économique, Lula espère diversifier les exportations brésiliennes vers le Japon, allant de la viande bovine aux avions produits par Embraer. Cette stratégie vise à réduire la dépendance du Brésil vis-à-vis de la Chine, son premier partenaire commercial, et des États-Unis. Cependant, les experts restent prudents. Karina Calandrin, professeure à l’école de commerce Ibmec, souligne que le Brésil reste structurellement dépendant de la Chine, ce qui limite ses marges de manœuvre.
Les relations entre le Japon et le Brésil sont également nourries par une histoire commune. Le pays sud-américain abrite la plus importante diaspora japonaise au monde, héritage d’une vague d’immigration massive au début du XXe siècle. En 2023, le gouvernement brésilien a présenté des excuses officielles pour les persécutions subies par les immigrants japonais pendant et après la Seconde Guerre mondiale, un geste symbolique qui a renforcé les liens entre les deux nations.
Pour Tokyo, cette visite est l’occasion de resserrer ses liens avec Brasilia, tout en limitant l’influence croissante de la Chine et de la Russie au sein des BRICS, un groupe diplomatique auquel appartient le Brésil. Les deux pays partagent une vision commune du multilatéralisme et du libre-échange, des valeurs qu’ils entendent défendre face aux politiques protectionnistes de l’administration Trump.
En somme, ce déplacement de Lula au Japon s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats économiques et de renforcement des alliances face aux défis géopolitiques actuels. Reste à voir si ces efforts permettront au Brésil de réduire sa dépendance vis-à-vis des grandes puissances et de s’affirmer comme un acteur clé sur la scène internationale.