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Après un été sans pluie, les éleveurs ont besoin de foin bien plus que d’emprunts

Au Sommet de l’élevage en Auvergne, une simple pancarte plantée entre deux stands dit toute la détresse d’un métier à bout de souffle. Les éleveurs…

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Après un été sans pluie, les éleveurs ont besoin de foin bien plus que d'emprunts

Au Sommet de l’élevage en Auvergne, une simple pancarte plantée entre deux stands dit toute la détresse d’un métier à bout de souffle. Les éleveurs attendent du fourrage pour nourrir leurs bêtes, pas des prêts.

Dans les allées du salon, près de Clermont-Ferrand, l’annonce est on ne peut plus claire. Cherche foin pour vaches, avec un numéro de téléphone griffé en dessous. Pas besoin de long discours pour comprendre l’urgence. Depuis juin, la pluie manque et l’herbe refuse de pousser. Les éleveurs rassemblés cette semaine ont accueilli les annonces du gouvernement entre résignation et prudence, au sortir d’un été qui a mis leurs exploitations à genoux.

L’exécutif a dégainé une série de mesures bancaires, dont des prêts à taux zéro. Sur le papier, l’idée peut séduire. Sur le terrain, elle passe mal. Loïc Caillens, 36 ans, éleveur en Haute-Loire, ne mâche pas ses mots. Ce qu’il lui faut, ce n’est pas un emprunt, c’est de quoi remplir les auges de ses animaux. Le fourrage manque, tout simplement. Sans foin, un prêt ne règle rien, tranche-t-il. Jérémie Olié y voit un simple report de trésorerie. Une bonne mesure, concède-t-il, sans doute pas de taille à traiter le problème sur le fond.

La situation est sévère et elle s’étend. Les vaches sont redescendues des alpages plus tôt que prévu, faute d’herbe en altitude, et ont commencé à entamer le stock d’hiver dès l’été. Les rares agriculteurs qui disposent encore de réserves préfèrent rester discrets, ce qui complique l’inventaire national. Les récoltes de céréales, maïs en tête, ont elles aussi souffert de la chaleur et du manque d’eau. Patrick Bénézit, éleveur et vice-président de la FNSEA, le dit sans détour. Croire à une repousse automnale relève de la fiction. Le syndicat salue malgré tout des annonces qui vont dans le bon sens.

Face à l’ampleur du manque, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a sondé les voisins européens, eux aussi frappés par la sécheresse. Même l’armée pourrait être mise à contribution pour transporter des bottes. Reste la question du prix, qui pourrait refroidir des éleveurs aux finances déjà à sec. Dans les allées du salon, la foule est plus dense et l’ambiance plus festive qu’en 2025, une édition où les vaches n’avaient pas pu faire le déplacement pour raisons sanitaires. Cédric Daure, 46 ans, éleveur en Haute-Garonne, refuse d’accabler la ministre, confrontée depuis deux ans à une crise après l’autre, dont la dermatose bovine qui avait mis le feu aux poudres à l’automne dernier. Son message reste limpide. On ne peut pas vouloir une agriculture forte sans lui en donner les moyens, et pour financer des projets inutiles, l’argent se trouve toujours. La ministre dit mesurer l’angoisse des éleveurs, leur besoin de produire l’année prochaine, de vendre leurs bêtes à bon prix et de les nourrir. Elle reconnaît un désarroi qui pourrait se muer en colère, tout en rappelant l’effort considérable de l’État, plus d’un milliard d’euros débloqués dans un contexte d’économies. Les éleveurs, eux, espèrent que le soutien du public se traduira aussi dans les prix acceptés, alors que le pouvoir d’achat patine.

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