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Séoul tend la main à Pyongyang pour caler la frontière et éviter les accrochages

La Corée du Sud propose des discussions militaires à la Corée du Nord pour clarifier le tracé de la ligne de démarcation et rouvrir les canaux de…

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Séoul tend la main à Pyongyang pour caler la frontière et éviter les accrochages

La Corée du Sud propose des discussions militaires à la Corée du Nord pour clarifier le tracé de la ligne de démarcation et rouvrir les canaux de communication. Le but est de réduire le risque d’affrontements accidentels dans une zone frontalière où les incidents se multiplient.

Séoul a formellement proposé à Pyongyang d’ouvrir des pourparlers militaires. La discussion porterait sur un point très concret, l’endroit exact où passe la ligne de démarcation militaire au cœur de la zone tampon qui sépare les deux pays. Le vice-ministre de la Défense Kim Hong-cheol a présenté l’initiative lors d’un point presse à Séoul. Il souhaite aussi que les deux camps examinent le rétablissement des liaisons militaires et les moyens d’éviter les accrochages involontaires près de la frontière.

Les modalités, dates et lieux pourraient être discutées via Panmunjom, seul point de contact entre les deux Corées au milieu de la zone démilitarisée, au nord de Séoul. Séoul attend une réponse favorable de Pyongyang. Le vice-ministre a ajouté que les échanges pourraient, le cas échéant, associer le Commandement des Nations unies, force multinationale dirigée par les États-Unis en Corée du Sud, qui exerce son autorité sur le versant sud de la zone.

Le contexte reste lourd. La Corée du Nord a coupé les canaux avec le Sud depuis plusieurs années et n’a pas répondu aux appels du président sud-coréen Lee Jae-myung, qui plaide pour la reprise du dialogue intercoréen. Depuis 2023, Pyongyang renforce son côté de la zone tampon, issue de la fin de la guerre de Corée. Le Nord a renoncé à toute perspective de réunification et considère désormais le Sud comme un État ennemi.

Les travaux de fortification, parfois menés tout près de la ligne, ont nourri plusieurs incidents. Trois soldats sud-coréens ont été blessés par l’explosion de deux mines nord-coréennes dans la zone démilitarisée. Séoul soutient qu’elles se trouvaient de son côté de la frontière, Pyongyang le conteste fermement. L’armée sud-coréenne a aussi procédé à des dizaines de tirs de sommation après ce qu’elle décrit comme des incursions de soldats nord-coréens. Le Nord a encore durci le climat en annonçant le déploiement de nouvelles unités de tir le long de la frontière et la reprise prochaine de messages de propagande par haut-parleurs vers le Sud, après une longue interruption.

Malgré son nom, la zone démilitarisée compte parmi les espaces les plus militarisés de la planète. Des dizaines de forts des deux camps occupent ce couloir de quatre kilomètres de large et de 248 kilomètres de long, qui coupe la péninsule coréenne d’est en ouest. Des centaines de milliers de mines et de munitions non explosées y sont disséminées. La ligne de démarcation elle-même traverse des montagnes reculées et une végétation dense. Elle n’est pas bornée avec précision, ce qui alimente des désaccords parfois importants entre les deux camps.

Cette ligne reprend la position du front à la fin de la guerre de Corée et reste liée à l’accord d’armistice. Sur les cartes, son tracé couvre plusieurs dizaines de mètres une fois rapporté au terrain. À l’origine, 1 292 panneaux devaient la matérialiser. La plupart ont disparu, emportés par les intempéries ou faute d’entretien.

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