Monde
Le meeting Trump, ce show que personne ne sait vraiment imiter
Ils viennent pour la première fois ou connaissent la scène par cœur. Tous décrivent des rassemblements à part, portés par un homme dont le départ, après…

Ils viennent pour la première fois ou connaissent la scène par cœur. Tous décrivent des rassemblements à part, portés par un homme dont le départ, après 2028, laisse déjà un vide.
Avant les élections de mi-mandat, Donald Trump multiplie les réunions publiques. À Greenville, en Caroline du Nord, la file s’étire sur le tarmac d’un aéroport. Le décor est simple. Des chaises, des food-trucks, des toilettes de festival et un stand de casquettes Maga. Bart, venu avec sa femme Courtney et leurs deux enfants tout juste sortis de l’école, résume l’ambiance. « C’est si américain, il y a plein de monde heureux, et c’est tellement sympa ». Il insiste, dans ce coin rural de l’est du pays, on n’a pas souvent ce genre d’événement, à part peut-être un match de football américain.
Depuis la première campagne du républicain, des dizaines de milliers d’Américains se pressent à ces rendez-vous. Ils viennent chercher un mélange difficile à décrire, des propos provocateurs, une énergie sans pause et un vrai sens du spectacle. Jaycie Bullard, 18 ans, élève infirmière, est habillée tout en rouge. Elle se dit prête à attendre des heures. « Je me sens comme une gosse à Noël, c’est de la joie pure ! » Après une bande-son très rock’n’roll, un avion passe en rase-mottes. Donald Trump débarque. Une vidéo le présente comme créé par Dieu. Puis il prend le podium. Attaques féroces, parfois racistes, contre ses opposants. Fausse affirmation sur 2020. Blagues souvent identiques. Conclusion avec les candidats républicains locaux. Son discours, répétitif et décousu comme souvent, a duré 1 h 51. Il quitte la scène sur le YMCA des Village People. Mais cette tradition touche à sa fin. Les foules sont moins nombreuses, les salles plus petites. Et Donald Trump devra passer la main après 2028.
Patty Laronde, retraitée venue pour la première fois, ne cache pas son inquiétude. « Je suis inquiète pour l’avenir ». Elle admire cet homme qui ne recule devant rien. Puis elle lance, hésitante, qui pourrait donc prendre sa place. Elle garde un espoir, JD Vance. David, lui, en est à son cinquième meeting. Pour lui, la copie n’est jamais aussi bonne que l’original. Troy parle d’une anomalie. Il n’a jamais vu de président comme lui et doute qu’un autre arrive un jour.
Deux chercheurs interrogés sur le phénomène ne sont pas plus optimistes. Yagmur Karakaya, professeure de sociologie à Yale, explique que Donald Trump a transformé le meeting politique en divertissement. Il prend des émotions vues comme négatives, le ressentiment, la rancœur ou la déception, et les convertit en excitation et en fierté. D’autres peuvent-ils faire la même chose ? Elle n’en est pas sûre. Jacob Justice, de l’université du Mississippi, en doute aussi. Selon lui, un éventuel rival viendrait plutôt du monde des influenceurs ou du podcast que de la politique.
Bart, le père de famille, résume le problème à sa manière. Si JD Vance prenait la relève, il y aurait la moitié de cette foule, lâche-t-il avant d’être interrompu par la musique. « Et les Guns N’ Roses… ». « Tu peux pas faire mieux ! »
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