Europe
Manifestations violentes à Tirana, Edi Rama dénonce une guerre hybride venue de l’extérieur
La capitale albanaise traverse une semaine de tensions entre manifestants et forces de l’ordre. Le Premier ministre rejette la responsabilité sur des…


La capitale albanaise traverse une semaine de tensions entre manifestants et forces de l’ordre. Le Premier ministre rejette la responsabilité sur des mains étrangères et annonce des mesures visant les jeunes, tandis que des professeurs d’université rejoignent le mouvement étudiant.
Depuis une semaine, Tirana vit au rythme d’affrontements quotidiens. Des groupes de manifestants, souvent encagoulés, se heurtent aux forces de l’ordre. La mobilisation a d’abord pris pour cible un projet de complexe touristique lié à la famille du président américain Donald Trump. Elle s’est ensuite élargie aux étudiants, qui dénoncent des conditions d’études dégradées et la corruption, et réclament le départ d’Edi Rama. Le socialiste dirige le pays depuis 2013.
Face à la rue, le chef du gouvernement a choisi un autre angle. Lors d’une rencontre avec les directeurs de lycées de la capitale, il a affirmé que les violences relevaient d’une guerre hybride. Cette offensive s’appuierait sur des préoccupations bien réelles, comme le coût de la vie, les prix du logement et les perspectives d’avenir. Mais elle serait orchestrée et alimentée de l’extérieur par des mains étrangères, avec un but clair, freiner le progrès du pays et bloquer les négociations d’adhésion à l’Union européenne. Edi Rama a aussi annoncé des mesures contre les manifestants violents mineurs, avec l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale, fixé actuellement à 18 ans, et l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans.
Les dégâts matériels se sont accumulés ces derniers jours. Des manifestants ont incendié ou gravement endommagé des bâtiments de plusieurs ministères, des tribunaux, des banques et des commerces. Près de 300 personnes ont été blessées, dont environ deux tiers de policiers. Les étudiants ont reçu le soutien de professeurs d’université, appelés à participer à une marche de solidarité pour dénoncer les violences policières. Des centaines d’enseignants ont signé une pétition réclamant la fin des violences contre les étudiants.
Les affrontements ont repris. La police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser une foule qui tentait d’approcher le siège du gouvernement. En face, les manifestants ont tiré des feux d’artifice, lancé des cocktails Molotov et des pierres, et incendié des poubelles pour en faire des barricades. Edi Rama a annoncé une prime de 2 500 euros pour chaque policier en première ligne. Il défend une police qui mérite selon lui le respect et le soutien de tous, refuse l’idée d’un usage disproportionné de la force et parle d’une retenue exemplaire.
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