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Un million de rapaces dans le ciel géorgien, sous le feu des chasseurs

Chaque automne, plus d’un million de rapaces longent la côte géorgienne de la mer Noire avant de rejoindre l’Afrique. Les bénévoles qui les recensent…

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Un million de rapaces dans le ciel géorgien, sous le feu des chasseurs

Chaque automne, plus d’un million de rapaces longent la côte géorgienne de la mer Noire avant de rejoindre l’Afrique. Les bénévoles qui les recensent veulent faire de ce spectacle une raison de protéger les oiseaux plutôt que de les tirer.

Depuis une colline verdoyante qui domine la mer Noire, un ornithologue néerlandais scrute l’un des plus grands passages migratoires de la planète. Des coups de feu claquent pourtant dans l’air humide. Le site, resserré entre le littoral et les montagnes du Caucase, forme un couloir où plus d’un million de rapaces sont attendus chaque automne. Ce flux place l’endroit parmi les trois premiers sites mondiaux pour la migration de ces oiseaux.

Des bénévoles venus de plusieurs pays se relaient dès l’aube avec jumelles et télescopes. Chacun surveille un secteur précis pour éviter les doubles comptages. Leur travail permet de suivre l’évolution des populations, y compris sur des zones de reproduction où les autres méthodes sont peu praticables. Une estimation souvent reprise évalue à environ 9 000 le nombre d’oiseaux abattus chaque automne. Les autorités environnementales géorgiennes ont relevé 39 infractions aux règles de chasse pendant le premier mois de la saison, sans préciser combien concernaient des rapaces. Elles affirment patrouiller en permanence, mais le relief accidenté complique le contrôle.

La chasse reste une tradition héritée des générations précédentes. Les tirs ont diminué près des postes de comptage, ce qui laisse craindre un déplacement des tireurs vers des zones moins surveillées. À Sakhalvacho, un propriétaire de maison d’hôtes constate que la pratique recule et que l’écotourisme a changé la donne. Pour lui, les visiteurs sont devenus une source de revenus rare, et les hébergements familiaux ne tiendraient pas sans eux.

Dans les villages défavorisés de la région, les observateurs espèrent que les retombées du tourisme pousseront les habitants à protéger les oiseaux. Le programme a failli s’arrêter cette année, la collecte de fonds patinant. Un don anonyme de 15 000 euros a sauvé la campagne de comptage automnale. La saison a aussi offert un symbole avec le millionième rapace dénombré. Une coordinatrice du recensement, originaire d’Iran, parle d’un spectacle qui impose l’humilité et rappelle que ces oiseaux étaient là avant les humains et y seront après.

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