Planète
L’Amazonie brésilienne n’avait pas perdu aussi peu de forêt depuis 1988
La déforestation a reculé de près de 42% sur un an en Amazonie brésilienne, un plus bas inédit depuis le début des mesures. Une bonne nouvelle pour Lula…


La déforestation a reculé de près de 42% sur un an en Amazonie brésilienne, un plus bas inédit depuis le début des mesures. Une bonne nouvelle pour Lula, engagé dans une bataille électorale serrée face au camp conservateur.
Jamais, depuis le lancement des relevés en 1988, la forêt amazonienne du Brésil n’avait perdu aussi peu de terrain en un an. 3 335 km² ont été rasés entre août 2025 et juillet 2026, contre bien davantage sur les douze mois précédents, soit une chute de près de 42%. Le chiffre, officiel, marque un plancher historique.
À Brasilia, le ministre de l’Environnement Joao Paulo Capobianco n’a pas boudé son plaisir. Il a évoqué une baisse « absolument stratosphérique », avant de confier que tout cela ressemblait à un rêve. Le président Luiz Inacio Lula da Silva a lui aussi salué la nouvelle sur les réseaux sociaux, en rappelant l’objectif qu’il s’est fixé depuis son retour au pouvoir en 2023, atteindre zéro déforestation illégale d’ici 2030.
Le calendrier donne à ce résultat une saveur particulière. Le second tour de la présidentielle se tient le 25 octobre, et Lula y affrontera le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro. Au premier tour, le 4 octobre, le chef de l’État a réuni 45% des suffrages et s’est fait devancer par son adversaire, crédité de 47%. Son bilan environnemental devient donc un argument de campagne, d’autant que la déforestation avait fortement grimpé sous le mandat de Jair Bolsonaro, père de Flavio, entre 2019 et 2022.
Au Brésil, le taux officiel de déforestation est établi grâce aux satellites Prodes de l’Institut national de recherches spatiales, un organisme public. La période de référence démarre en août, en pleine saison sèche, pour s’achever en juillet de l’année suivante. En Amazonie, la courbe descend sans interruption depuis 2022, avec une baisse cumulée de 71,2% en quatre ans.
Le phénomène ne se limite pas à la forêt dense. Dans le Cerrado, une savane très riche en biodiversité située au sud de l’Amazonie, 5 517 km² de végétation native ont disparu sur la même période, soit près de 24% de moins en un an. C’est également le niveau le plus faible jamais enregistré depuis le début des mesures dans cet écosystème, en 2001.
Marcio Astrini, secrétaire exécutif du collectif d’ONG Observatoire du climat, parle d’un « accomplissement historique ». Selon lui, le Brésil prouve qu’il peut jouer les premiers rôles dans la protection des forêts et qu’une véritable volonté politique suffit à freiner les tronçonneuses comme les émissions de gaz à effet de serre.
L’enjeu dépasse largement les frontières du pays. Le Brésil abrite environ 60% de la principale forêt tropicale de la planète, un réservoir qui joue un rôle crucial dans l’absorption des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.
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