Économie
Wall Street joue les funambules, la dette de l’IA refroidit les ardeurs
Les marchés américains ont ouvert vendredi sans direction franche, coincés entre l’élan offert par Tesla et la prudence qui gagne tout ce qui touche à…


Les marchés américains ont ouvert vendredi sans direction franche, coincés entre l’élan offert par Tesla et la prudence qui gagne tout ce qui touche à l’intelligence artificielle. Le Dow Jones monte, le Nasdaq recule, et personne ne semble pressé de trancher.
Wall Street a démarré la séance sans cap clair. Le Dow Jones grignote 194,94 points, soit 0,37 %, pour s’installer à 52 372,63 points, pendant que le S&P 500, plus large, avance de 0,12 % à 7 753,12 points. Le Nasdaq Composite, lui, lâche 0,23 % à 26 651,82 points. Trois indices, trois trajectoires, et une même fébrilité chez les opérateurs.
Le sujet qui crispe les investisseurs tient en un mot, la dette. Les entreprises technologiques empruntent massivement pour financer leurs ambitions dans l’intelligence artificielle, et cette accumulation d’engagements financiers commence à peser lourd dans la balance. Ajoutez la perspective d’un relèvement des coûts d’emprunt par la Réserve fédérale, et le décor se referme sur les valeurs les plus exposées. CoreWeave, opérateur de centres de données devenu le symbole de ces inquiétudes, perd 6,5 % en début de séance, après un sursaut de courte durée la veille. Dans son sillage, Nebius abandonne 5,40 % et Broadcom 2,1 %.
Ce repli s’inscrit dans un mouvement plus large. La chute des fabricants de puces mémoire en début de semaine, nourrie par la montée des craintes face à la concurrence chinoise et par les doutes autour de la dette de CoreWeave, a servi de déclencheur. Beaucoup y ont trouvé un prétexte commode pour alléger leur exposition à l’ensemble des entreprises liées à l’intelligence artificielle, sans distinguer les acteurs les plus solides des plus fragiles.
Les paris sur la politique monétaire pèsent tout autant. L’inflation a de nouveau accéléré en septembre, mais les opérateurs tablent sur une pause de la Fed en octobre, avant un nouveau tour de vis en décembre. Un scénario qui maintient la pression sur les sociétés les plus gourmandes en capitaux, celles qui doivent emprunter pour tenir leur rythme d’investissement.
Seule vraie bouffée d’air, Tesla s’adjuge 1,72 %. Le constructeur a dévoilé jeudi soir une version repensée de son Roadster, équipée de propulseurs comparables à ceux d’une fusée. De quoi offrir au marché un motif d’enthousiasme, à défaut de dissiper les doutes de fond sur un secteur technologique qui doit désormais convaincre autant sur ses comptes que sur ses promesses.
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