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L’économie mondiale résiste mieux que prévu, mais rien n’est joué sur l’inflation

Kevin Warsh n’aurait pas parié sur une telle solidité de l’activité il y a six mois, alors que les secousses s’enchaînent. Le patron de la Fed prévient…

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L'économie mondiale résiste mieux que prévu, mais rien n'est joué sur l'inflation

Kevin Warsh n’aurait pas parié sur une telle solidité de l’activité il y a six mois, alors que les secousses s’enchaînent. Le patron de la Fed prévient tout de même que la bataille des prix reste ouverte et que l’intelligence artificielle va bousculer l’ordre économique.

À Bangkok, où se retrouvent actuellement ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales de la planète, Kevin Warsh a livré un diagnostic qui tranche avec le pessimisme ambiant. « Presque partout, l’économie mondiale fait preuve d’une résilience que je n’aurais peut-être pas pu prédire il y a cinq ou six mois », a déclaré le président de la Réserve fédérale américaine, en marge des assemblées du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

Le décor ne s’y prêtait pourtant pas. Depuis le printemps, la guerre au Moyen-Orient a propulsé les cours des hydrocarbures vers le haut, et cette envolée s’est diffusée à l’ensemble des prix. Autre moteur, plus inattendu, le boom des investissements dans l’intelligence artificielle, qui alimente lui aussi la fièvre inflationniste dans de nombreux pays, États-Unis compris.

Cette configuration complique la tâche de la Fed. L’institution n’a pas retrouvé son objectif de 2 % d’inflation depuis plus de cinq ans. Depuis sa prise de fonction en mai, Kevin Warsh a fait de la stabilité des prix sa priorité affichée, et la hausse des taux décidée en septembre, la première en trois ans, en porte la marque. La suite reste floue. La Fed se réunit de nouveau plus tard en octobre, et les marchés tablent sur un statu quo avant un nouveau tour de vis en décembre.

L’intéressé s’est gardé de tout pronostic. « Nous avons porté un jugement » en septembre, et « au cours du mois écoulé depuis, le monde s’est globalement conformé à nos attentes », a-t-il résumé. Il a ajouté chercher à savoir ce que réservent 2027 et 2028, tout en rappelant que personne ne dispose d’une capacité de prévision infaillible.

Le mouvement n’est pas propre aux États-Unis. De l’Inde à l’Australie, de la zone euro au Japon, les grandes banques centrales relèvent leurs taux directeurs pour contenir la hausse des prix. « Si je regarde les derniers mois, même si nous avons chacun fait ce qui nous paraissait juste pour notre propre mandat, il y a eu un resserrement synchronisé de la politique monétaire dans la plupart des régions », a observé Kevin Warsh. Il y voit un motif de satisfaction, puisque personne ne peut se permettre de laisser les autres faire le travail à sa place. « Cela signifie qu’il n’y a pas de passagers clandestins », a-t-il lancé, jugeant cette simultanéité positive.

Le patron de la Fed s’est aussi attardé sur l’intelligence artificielle, à ses yeux « le changement le plus déterminant pour l’économie américaine et mondiale » de sa vie. À court terme, la surchauffe de la demande et des investissements pourrait renchérir les prix. À terme, il en attend « un avantage considérable pour l’économie mondiale », des économies plus productives et davantage de richesse. Le chemin, prévient-il, sera « probablement semé d’embûches », entre une compréhension encore partielle de la technologie et l’incertitude sur la structure de marché qui finira par s’imposer. Le FMI partage cette inquiétude et surveille les risques qu’un retournement des marchés et des investissements ferait peser sur la stabilité financière, dans un secteur où les bénéfices et les gains de productivité suscitent déjà des questions.

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