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Donald Trump sillonne l’Amérique, et ses meetings ont des airs de tournée d’adieu

Le dirigeant républicain parcourt l’Ouest du pays à l’approche des élections de mi-mandat, qui diront si son camp garde la main sur le Congrès. Mais ses…

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Donald Trump sillonne l'Amérique, et ses meetings ont des airs de tournée d'adieu

Le dirigeant républicain parcourt l’Ouest du pays à l’approche des élections de mi-mandat, qui diront si son camp garde la main sur le Congrès. Mais ses rassemblements ressemblent de plus en plus à un spectacle nostalgique, où les candidats locaux passent au second plan.

Donald Trump a repris la route. L’avion présidentiel a enchaîné les escales à un rythme soutenu, dans une vallée glaciaire d’Alaska, sur une plaine sèche d’Arizona et dans les forêts du Montana, au fil de meetings taillés pour ses fidèles. Officiellement, il vient soutenir les candidats républicains avant les élections de mi-mandat. Dans les faits, les têtes d’affiche locales existent à peine à côté de lui.

Le pari est risqué. Les enquêtes d’opinion annoncent que son camp pourrait perdre une chambre du Congrès, voire les deux. Une étude le crédite de seulement 36% d’opinions favorables, son plus bas niveau, plombé par un mécontentement grandissant autour du coût de la vie.

Sur scène, le message change de ton. « Faites comme si j’étais sur le bulletin », lance-t-il à Bullhead City, en Arizona, casquette rouge sur la tête. À 80 ans, il assume de voyager en terrain conquis. Le comté où il se trouve lui a donné près de 78% des voix en 2024, et les deux autres qu’il traverse, en Alaska et dans le Montana, lui ont largement accordé la victoire face à la démocrate Kamala Harris. Il dit vouloir se « montrer respectueux » de ses supporters et affirme que « l’esprit » de la campagne présidentielle de 2024 a été « recréé ».

Difficile de trancher. Chaque étape rassemble surtout le noyau dur de son mouvement, prêt à lui pardonner la flambée des carburants comme la guerre en Iran. Dans le Montana, une retraitée de 68 ans, Theresa Hallesy, a patienté plus de sept heures avant de le voir entrer dans une arène de rodéo transformée en salle de meeting. « Le pays doit être un peu plus patient », plaide-t-elle. « Il y a beaucoup de choses dans le monde qu’il ne contrôle pas mais dont il doit s’occuper. »

Les candidats qu’il est venu aider ont droit au service minimum. En Arizona, il invite Andy Biggs, conservateur qui brigue le poste de gouverneur, à ne parler « qu’une minute ». Pour chaque région, il garde pourtant une ou deux annonces. En Alaska, il déroule son discours climatosceptique et fait l’article d’un grand projet de gaz naturel liquéfié, dans un État dont l’économie dépend fortement des hydrocarbures. Il signe aussi des grâces pour deux garagistes condamnés à avoir modifié des moteurs diesel afin de contourner la loi sur les émissions.

Il promet encore que chaque Américain touchera 5 000 dollars si les républicains conservent la majorité à la Chambre et au Sénat. Le financement de cette mesure, très critiquée par l’opposition, reste obscur. Mais l’essentiel semble ailleurs. Ses rassemblements prennent des airs de dernière tournée, avec un premier rôle et un public déjà nostalgiques.

Dans le Montana, des milliers de partisans rient à son imitation d’Emmanuel Macron et l’ovationnent quand il quitte la scène en s’agitant sur « YMCA ». En Arizona, il fait survoler un avion présidentiel flambant neuf, cadeau du Qatar estimé à 400 millions de dollars. « Quand on vous fait des cadeaux, vous les prenez, non ? » La plaisanterie retombe un peu, dans une circonscription où la pauvreté et le chômage dépassent nettement la moyenne nationale.

Le ton se fait plus mélancolique quand il évoque la fin de son mandat, à laquelle il se dit résigné. « Dans deux ans et demi, maintenant un peu moins que ça, malheureusement. » Il raconte comment la foule s’est mise à crier « Quatre ans de plus ! » la veille. Il s’arrête. Attend. Quelques voix reprennent le slogan, sans grande conviction.

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