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Gilets jaunes et lycéens main dans la main pour reprendre la rue

Les gilets jaunes espèrent retrouver leur force de frappe ce samedi en s’alliant aux jeunes mobilisés depuis la rentrée. Une convergence de colères…

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Gilets jaunes et lycéens main dans la main pour reprendre la rue

Les gilets jaunes espèrent retrouver leur force de frappe ce samedi en s’alliant aux jeunes mobilisés depuis la rentrée. Une convergence de colères hétéroclites, face à un dispositif policier déjà en place.

Depuis des semaines, les appels à ressortir les gilets jaunes circulaient sur les réseaux sociaux, enflant à mesure que la contestation lycéenne gagnait du terrain. Le mouvement emblématique de 2018-2019 espère cette fois fédérer bien plus large que ses seules troupes. Les organisations de jeunesse mobilisées depuis la mi-septembre, pour de meilleures conditions d’apprentissage et contre Parcoursup, ont appelé à rejoindre la mobilisation. Les organisateurs des marches pour le climat du 26 septembre, la Confédération paysanne, l’intersyndicale des VTC ou encore Solidaires en seront aussi. La CGT, plus prudente, participera partout où les conditions seront réunies, avec l’objectif affiché d’empêcher toute récupération par l’extrême droite de cette journée de lutte sociale.

Un appel intitulé « jaunes et jeunes » exhorte gilets jaunes, Gen Z, indignés, paysans, pompiers, ouvriers, profs, soignants, défenseurs du climat, habitants des quartiers et retraités à faire converger leurs revendications. La liste est longue. Le coût de la vie qui grimpe, surtout celui des carburants. Le gel des allocations et des salaires des fonctionnaires dans le projet de budget. La répression policière. Une démocratie où l’on vote tous les cinq ans et où il faudrait se taire le reste du temps. La fermeture de services publics, le manque de professeurs, le rejet de Parcoursup, la dénonciation d’un capitalisme qui exploite le vivant. François Boulo, figure du mouvement, raconte que les différents organisateurs ne se sont pas concertés en amont. Mais tous ont eu le même réflexe en voyant les violences policières contre des lycéens. D’autres visages des gilets jaunes, comme Jérôme Rodrigues, Priscillia Ludosky ou Maxime Nicolle, appellent eux aussi à manifester.

Samedi, un mélange de manifestations et de blocages est attendu un peu partout. Barrages filtrants, rassemblements sur des ronds-points, des ponts, des stations-service, des péages, des gares, des raffineries, des dépôts pétroliers. Une carte collaborative recense plus de 1.000 actions dans toute la France. Les autorités s’attendent à des mouvements sociaux jusqu’à la présidentielle et pointent le caractère très hétéroclite de la mobilisation. Elles misent sur une moindre présence des jeunes, les vacances scolaires venant de débuter. Tous les abords des sites sensibles, comme l’Élysée, Matignon ou l’Assemblée nationale, devraient être interdits aux manifestants. À Paris, le choix a été fait d’une manifestation déclarée, parce que les lycéens et les étudiants voulaient un lieu pour se retrouver, même si le parcours restait encore en négociation avec la préfecture.

Le mouvement Bloquons Tout, né sur les réseaux sociaux, avait mobilisé près de 200.000 personnes, sans parvenir à paralyser le pays. Benjamin Ball, qui a contribué à son organisation et à celle des marches pour le climat, retient une leçon. Accepter d’emblée des actions multiples, sans imposer que seule une action de blocage compte. Alors qu’une intersyndicale prévoit une journée de mobilisation des salariés du public et du privé le 5 novembre, la CFDT et FO n’appellent pas à manifester samedi. Pour le chercheur Paolo Stuppia, coauteur de « Géopolitique de la jeunesse », la dynamique de poly-crise que ressentent une partie des jeunes scolarisés peut justifier une jonction sur des revendications plus générales. Le changement climatique, la précarité, les difficultés à entrer sur le marché du travail, la crainte de voir l’extrême droite accéder au pouvoir. Il estime aussi que la réponse policière peut jeter des ponts entre lycéens et gilets jaunes, ces derniers ayant subi une très forte répression.

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