Économie
Londres calme le jeu sur les taux, Kiev met ses graines à l’abri
Une hausse des taux britanniques ne serait pas le début d’une longue série, prévient la Banque d’Angleterre. Pendant ce temps, la BCE se rassure sur les…
Une hausse des taux britanniques ne serait pas le début d’une longue série, prévient la Banque d’Angleterre. Pendant ce temps, la BCE se rassure sur les prix, Lufthansa lorgne TAP et l’Ukraine sécurise ses semences dans l’Arctique.
C’est un message de prudence qui vient de traverser la Manche. Huw Pill, chef économiste de la Banque d’Angleterre, a tenu à préciser qu’un éventuel relèvement des taux directeurs ne devait pas être lu comme le point de départ d’un enchaînement de hausses. Autrement dit, un coup de frein ponctuel reste possible, mais rien n’indique qu’il se répétera plusieurs mois de suite. Une manière de doucher les anticipations de ceux qui imaginent déjà un resserrement monétaire à répétition.
Dans la zone euro, le ton se veut franchement plus rassurant. Alvaro Santos Pereira, qui siège au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, estime que la flambée des prix de l’énergie ne déborde pas sur les autres prix. Ce constat compte, car c’est précisément ce type de contamination qui peut installer une inflation durable et pousser une banque centrale à frapper fort. Si le phénomène reste contenu, la pression peut retomber sans qu’il faille multiplier les hausses de taux. Pour les ménages comme pour les entreprises, l’enjeu est concret, puisque c’est le coût du crédit qui se joue en arrière-plan.
Dans le ciel européen, le paysage continue de se recomposer. Lufthansa, le premier groupe de transport aérien du continent, affiche son intention de racheter à terme la totalité du capital de la compagnie portugaise TAP Air Portugal. Le groupe allemand a déjà obtenu le feu vert pour en prendre une participation minoritaire, une étape avant de grimper au capital. La suite dépendra des discussions à venir, mais la direction est claire. Le secteur aérien européen se resserre autour de quelques grands ensembles, et les compagnies les plus modestes doivent trouver leur place dans ce mouvement.
L’Ukraine a de son côté posé un geste qui dépasse le seul cadre agricole. Ce pays, grande nation céréalière, a déposé des échantillons de semences dans la réserve mondiale de Svalbard, dans l’Arctique norvégien. C’est une première depuis le début de l’invasion russe. Enfouie dans des tunnels, cette réserve sert de coffre-fort végétal pour la planète entière. Y confier ses graines, c’est s’assurer qu’une variété perdue sur le terrain pourra un jour être ressuscitée. Un filet de sécurité précieux pour l’alimentation mondiale, et une façon de dire que la guerre ne doit pas effacer des décennies de travail agricole.
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