Politique
Mélenchon dévoile un budget de rupture et promet 106 milliards de recettes en plus
Supprimer la flat tax, taxer les gros patrimoines, revenir à la retraite à 62 ans. Jean-Luc Mélenchon a présenté ce que serait son premier budget s’il…


Supprimer la flat tax, taxer les gros patrimoines, revenir à la retraite à 62 ans. Jean-Luc Mélenchon a présenté ce que serait son premier budget s’il prenait l’Élysée, avec la promesse de redresser les comptes publics.
Une politique de la demande, une consommation relancée et une rupture revendiquée avec le système économique et financier actuel. Voilà le cap que Jean-Luc Mélenchon fixe à son programme budgétaire pour 2027, dans l’hypothèse d’une victoire à la présidentielle. Le chef de file des Insoumis l’assume, il veut remettre de l’ordre dans les finances du pays. Face à un Emmanuel Macron qui, selon lui, s’entête dans la politique de l’offre, il trace un chemin opposé et n’hésite pas à cibler la dictature de l’actionnariat.
Les détails ont été déroulés par Eric Coquerel, président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale. Ce budget rectificatif pour 2027 tablerait sur 106,4 milliards d’euros de recettes supplémentaires et 81,7 milliards de dépenses nouvelles. La logique, résume le député, consiste à injecter plus de 81 milliards dans les carnets de commandes, l’économie et le pouvoir d’achat, tout en engrangeant davantage de recettes. Conséquence selon lui, le déficit reculerait de 25 milliards, un meilleur résultat que celui du gouvernement.
Pour remplir les caisses, les Insoumis avancent plusieurs pistes. Un ISF climatique censé rapporter 10 milliards, la suppression de la flat tax pour 9 milliards, et la très commentée taxe Zucman, qui frapperait les patrimoines au-delà de 100 millions d’euros et rapporterait 15 milliards. S’ajoutent une taxe sur les Gafam relevée à 15 %, une taxation des héritages à hauteur de 20 milliards, et 22 milliards récupérés en rognant sur des niches fiscales, du pacte Dutreil au crédit d’impôt recherche.
Du côté des dépenses, la priorité irait à l’abandon de la réforme des retraites d’Elisabeth Borne. Un retour à 62 ans, avant une retraite à 60 ans promise pour la suite du mandat, pour un coût estimé à 9 milliards. Les jeunes auraient droit à une garantie d’autonomie de 1 337 euros par mois, facturée 9,5 milliards, à la cantine gratuite pour 3,6 milliards et à 10 000 postes d’enseignants pour 500 millions. Les hôpitaux verraient leur budget grimper de 3 milliards, de quoi financer 10 000 postes de soignants.
Conscients des doutes sur leur crédibilité, les Insoumis ont voulu rassurer. Coquerel a martelé que leurs recettes restaient raisonnables. Mélenchon a prévenu qu’il arrondissait les chiffres pour éviter les malaises, se défendant de tout dogmatisme au nom d’une rationalité économique. Il promet par ailleurs 25 milliards consacrés à la baisse de la dette, lui qui avait déclenché une polémique en proposant d’annuler la part détenue par la Banque centrale européenne. Il s’appuie sur un rapport d’économistes remis à Bercy, réclamant au moins 125 milliards d’effort sur le prochain quinquennat.
Cette présentation servait surtout à esquisser une première année au pouvoir. Le programme présidentiel complet doit être dévoilé en novembre, son chiffrage arrivant plus tard, au début de l’année 2027.
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