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L’Europe plafonne les hybrides chinois et rebat les cartes pour BYD, SAIC et Chery

Bruxelles limite à 350 000 unités par an les importations de véhicules hybrides venus de Chine, avec une hausse annuelle de 6%. Un plafond qui frappe de…

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L'Europe plafonne les hybrides chinois et rebat les cartes pour BYD, SAIC et Chery

Bruxelles limite à 350 000 unités par an les importations de véhicules hybrides venus de Chine, avec une hausse annuelle de 6%. Un plafond qui frappe de plein fouet les constructeurs chinois, privés du modèle qui leur servait à contourner les droits de douane européens.

L’accord arraché entre Pékin et Bruxelles fixe un quota clair sur les hybrides chinois. Le plafond est posé à 350 000 véhicules par an, avec une progression de 6% chaque année. Pour Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, la mesure doit faire reculer ces arrivées de « plusieurs millions de voitures sur quatre ans ». Il avait passé deux jours en Chine pour tenter de dégonfler un déficit commercial qui dépasse le milliard d’euros.

Le timing n’a rien d’un hasard. En 2024, l’Union européenne a alourdi les droits de douane sur les voitures électriques fabriquées en Chine. Les hybrides, eux, sont passés entre les mailles. Les constructeurs chinois s’y sont engouffrés. Les chiffres des douanes chinoises le confirment, les exportations d’hybrides vers l’Europe ont triplé sur le premier semestre, grimpant à 7,5 milliards de dollars contre 2,5 milliards un an plus tôt. C’est près de neuf fois ce qui partait vers le Vieux Continent sur toute l’année 2021, quand la facture atteignait 845 millions de dollars.

Derrière ce mouvement, un marché intérieur qui tousse. Les ventes d’automobiles en Chine ont plongé de 20% au premier semestre 2026. De quoi pousser les fabricants à chercher des relais ailleurs. Et l’Europe est devenue leur terre d’exportation prioritaire, les États-Unis restant fermés. Trois acteurs concentrent l’essentiel de la bataille. SAIC, BYD et Chery pèsent plus de 90% des volumes écoulés dans l’UE, et les hybrides représentent plus de la moitié de leurs ventes européennes.

Côté chinois, on préfère retenir le verre à moitié plein. Le ministère du Commerce affirme que le compromis « préserve fermement les intérêts concrets des entreprises chinoises », évite une montée aux extrêmes et installe un climat d’investissement stable et prévisible. Le pays obtiendrait en outre un quota au moins égal à celui accordé à n’importe quelle autre source d’importation. Une manière de dire que la porte reste ouverte, même si elle est désormais plus étroite.

Les marchés ont réagi sans passion. En Bourse, BYD a lâché 1,8%, tandis que Chery et SAIC gagnaient respectivement 0,25% et 0,4%. Les constructeurs européens, eux, ont respiré. Renault a pris 1,81%, Stellantis 0,95% et Volkswagen 0,53%. Le patron de Renault, François Provost, juge l’accord préférable à une guerre commerciale. Il prévient tout de même que le déferlement d’hybrides chinois n’était pas tenable, tout en insistant sur la nécessité de gérer ces relations commerciales « raisonnablement ». Alex Nan, à la tête de Geely Auto, a rappelé pour sa part le poids du partenariat noué avec la marque au losange et l’ancrage de son entreprise sur le sol européen.

Reste une conséquence moins visible mais sans doute plus lourde. Pour les analystes, ce plafond va précipiter la décision des constructeurs chinois de produire directement en Europe. « Si l’accès par les importations se resserre, investir près du client devient plus intéressant. Mais la localisation demande des capitaux, les plus petits acteurs pourraient revoir leurs ambitions européennes », résume Bill Russo, fondateur du cabinet Automobility, installé à Shanghai. Le président de Changan, Zhao Fei, ne dit pas autre chose. Son groupe espère sortir sa première voiture fabriquée en Europe au début de l’année 2027.

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