Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

Le Rassemblement national rate sa journée à l’Assemblée, bloqué par la gauche et le centre

Marine Le Pen comptait profiter de sa journée réservée au Palais-Bourbon pour engranger des victoires symboliques avant la présidentielle. Tous ses…

Article

le

Le Rassemblement national rate sa journée à l'Assemblée, bloqué par la gauche et le centre

Marine Le Pen comptait profiter de sa journée réservée au Palais-Bourbon pour engranger des victoires symboliques avant la présidentielle. Tous ses textes, de l’eau potable en outre-mer à la fin des zones à faibles émissions, ont été repoussés.

Le Rassemblement national avait une journée entière pour porter ses propositions à l’Assemblée nationale. Une occasion rêvée de mettre ses adversaires dans l’embarras en misant sur des sujets consensuels ou déjà majoritaires dans l’hémicycle. Marine Le Pen s’est affichée au milieu de son groupe au grand complet pour revendiquer une victoire, forcément symbolique à quelques mois de l’élection présidentielle. L’an dernier, le parti avait fait adopter une résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968. Une première historique pour un texte porté par le RN. Cette fois, la mécanique s’est enrayée.

Premier texte de la journée, une proposition sur l’accès à l’eau potable en outre-mer. Elle avait été taillée sur mesure. Remplie de bonnes intentions, sans valeur contraignante, sans possibilité d’amendement, afin d’aller vite au vote. Résultat, un rejet par 160 voix contre 156, malgré le soutien des députés LR et Horizons. Le socialiste guadeloupéen Elie Califer a parlé d’un « texte d’affichage ». La communiste réunionnaise Karine Lebon, d’« une résolution digne d’un concours de Miss France ». Dans la foulée, le RN Yoann Gillet a accusé « la gauche et les macronistes » de traiter les habitants d’outre-mer comme des « Français de seconde zone ». Marine Le Pen a réagi dans un communiqué, dénonçant le « plus aveugle sectarisme » de parlementaires « complices d’une injustice sociale majeure ».

Même scénario un peu plus tard, avec une résolution appelant à faire entrer au Panthéon trois figures historiques. Olympe de Gouges, autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. L’abbé Charles-Michel de l’Epée, précurseur de l’enseignement aux sourds-muets. Et Zéna M’Déré, cheffe de file du mouvement des « chatouilleuses », qui ont défendu une Mayotte française. Le texte a été repoussé par 133 voix contre 158. Personne ne contestait le parcours de ces trois personnalités. Mais beaucoup de députés y ont vu une récupération de l’Histoire. La socialiste Colette Capdevielle a évoqué « une opération de relooking historique ». La députée Renaissance Nicole Dubré-Chirat a appelé à ne pas être dupes, jugeant le texte davantage « un outil de communication politique » qu’un véhicule législatif adapté. Deux autres résolutions, plus clivantes, sont tombées aussi. Celle sur la « priorité nationale » dans la commande publique, rejetée par 187 voix contre 151. Et celle visant à « refonder l’espace Schengen » avec une « double frontière » contre l’immigration, balayée par 144 voix contre 199.

Le dossier qui a le plus fait parler reste la proposition de loi supprimant les zones à faibles émissions. Créées en 2019, ces ZFE restreignent la circulation des véhicules les plus polluants dans certaines grandes villes. Objectif affiché, réduire les particules fines, responsables de maladies respiratoires et de décès. Mais elles suscitent des critiques qui traversent les clivages politiques, au nom des ménages incapables de changer de voiture faute de moyens. L’Assemblée s’était déjà prononcée pour leur suppression lors de l’examen d’une loi sur la simplification. Le Conseil constitutionnel a invalidé cette décision, jugée sans lien avec le texte initial. Nouvelle tentative donc, et nouveau revers. Un amendement retirant le cœur du texte a été repoussé par 164 voix contre 49, avec l’appui des députés d’extrême droite, des Républicains et de LFI. Le RN Pierre Meurin en a déduit une « majorité écrasante pour supprimer les ZFE », avant de fustiger la « lâcheté » de collègues faisant de « l’obstruction parlementaire » plutôt que d’aller « au vote à la loyale ». Les échanges se sont étirés jusqu’à minuit, rallongés notamment par des députés écologistes et macronistes, qui reprochaient une suppression sèche sans la moindre alternative prévue.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus